Mortedant's Peril - RJ Barker

Retour de vacances, donc on va faire bref. Mortedant’s Peril est un roman de dark (and dinky toys) fantasy de RJ Barker, premier tome de la trilogie The Trials of Irody Hasp . Qui est cet Irody Hasp qui s’apprête à vivre assez de tribulations pour qu’elles donnent leur titre à la trilogie ? Il est un Mortedant, membre d’un ordre dont la fonction est de percevoir les dernières pensées d’un mort. Même si l’intervalle de temps perçu est vraiment très court, cela permet parfois de transmettre un dernier mot à un être aimé (ou de dire sa haine) , de découvrir l’existence d’un testament ou d’économies cachées, voire, dans certains cas, de connaître le responsable d’un crime. L’ordre des Mortedant fut prestigieux. Il l’est moins. Dans les luttes des classements (comme dirait Bourdieu) , les Mortedants perdent face à leurs adversaires principaux les Spurriers – qui, eux, créent les objets magiques à grands renforts de sacrifices d’animaux. Les Worshipfuls – qui entretiennent le culte du Howl...

Un parfait prédateur


Lord Faureston, tome 1 de la série d’Ayroles, Maïorana, Leprévost, intitulée "D", sortit début 2009. Le tome 2, Lady d’Angerès, fin 2011. Déjà il fallut être patient. Puis, plus rien. Pendant longtemps. Au point qu’on a pu penser la série définitivement arrêtée. Enfin, début juin 2014, sortit le troisième et dernier tome, intitulé "Monsieur Caulard".

Je relis la chronique écrite pour les deux premiers tomes et réalise que tout est déjà dit, sur les caractéristiques de cette série comme sur ses qualités.

Je précise donc ici seulement que le troisième tome répond aux attentes. Les fils se terminent, les questions trouvent leurs réponses, les destins des personnages leur conclusion, pour le meilleur ou pour le pire.
"Monsieur Caulard" est donc un superbe final. Le scénario est toujours aussi cohérent, les dialogues parfaits, l’évocation de l’époque victorienne convaincante, les références judicieuses et utilisées à bon escient. Ayroles se paie même le luxe de quelques rebondissements étonnants, de nature à tirer une exclamation ravie au lecteur, ainsi qu’une réflexion sur le basculement des centres de pouvoir qu’amène la Révolution Industrielle (illustré de manière glaçante, et sanglante, par une métaphore visuelle sur l’exploitation ouvrière). C’est de la bien belle ouvrage, à des années lumières de la BD tout venant qui encombre les bacs avant de filer au pilon.
Dessins corrects et colorisation brillante, là aussi comme dans les deux premiers tomes.

Note a : Il importe de lire les trois tomes en enfilade pour profiter pleinement de la grande qualité de cette série dans laquelle éclate, une fois encore, le remarquable travail scénaristique et dialogique d’Ayroles.
Note b : Nous avons appris récemment que le dessinateur de la série, Bruno Maïorana, arrête la BD en raison de son exaspération contre le système de rémunération des auteurs. Le premier d’une série ? Espérons que non.

D t3 Monsieur Caulard, Ayroles, Maïorana, Leprévost

Commentaires

Efelle a dit…
Bientôt la paye et donc il est très probable que je craque (craquasse ça le fait pas...).
Gromovar a dit…
Tu ne crois pas si bien dire, dans l'album les concordances des temps sont parfaitement d'époque.
Efelle a dit…
Une excellente BD en tout cas, une réinvention du vampire gothique des plus réussies.