All That We See or Seem - Ken Liu

Il y a un très grand nombre d’années, j’achetai le Neuromancien de Gibson à la FNAC sans vraiment savoir ce que c’était. Je commençai à le feuilleter dans le bus et ne pus plus le lâcher jusqu’à l’avoir fini. All That We See or Seem m’a fait à peu près le même effet. All That We See or Seem est le dernier roman de Ken Liu. All That We See or Seem est l’histoire d’Elli Krantz, une célèbre tisseuse-de-rêve – ou « oneirofex » –, qui fuit une nuit sa maison pour protéger son mari, Piers, sans savoir si sa disparition suffira à le sauver. All That We See or Seem est l’histoire de Piers Neri, un avocat un peu technophobe, un mari abandonné, fou d’amour et d’inquiétude, qui cherche l’aide d’une hackeuse asociale que son associé avait défendue dans un passé récent. All That We See or Seem est l’histoire de Julia Z, une brillante hackeuse au lourd passé, qui fait profil bas depuis de grandes déconvenues. Elle trouve Piers à sa porte et, touchée par son histoire, son impuissance e...

Une si brève angoisse


"Ragemoor" est une BD standalone du dessinateur Richard Corben, une célébrité de l’illustration fantastique, sur un scénario de Jack Strnad.

Ragemoor, c’est aussi le nom d’un château gothique, perché au bord d’une falaise et édifié à l’aide du sang d’innombrables sacrifiés. Y vivent Herbert, le maitre des lieux, son père, devenu fou, et Bodrick son majordome.
Un oncle, parti depuis longtemps, revient au château, accompagné d’une belle jeune femme, sous couvert de visite familiale. Mais l’oncle a de sombres projets que Ragemoor, édifice vivant, va se charger de contrecarrer d’atroce manière.

L’atmosphère de "Ragemoor" est « délectable », et le lecteur averti y prendra plaisir. Le château est une présence vivante et maléfique, habité d’étranges résidents qui cohabitent avec Herbert et sa famille. La forteresse vit, bouge, manigance, tue même, dans une ambiance de claustration oppressante qui rappelle le Gormenghast de Mervyn Peake. Mais c’est aussi du côté de Poe, de Lovecraft, et des gothiques anglais, que lorgnent les auteurs de l’album. Les nombreuses références visuelles ou textuelles parleront aux amateurs de ces histoires que la Hammer illustra. Le déroulement du récit, malédiction familiale, emprisonnement dans un château inquiétant où se joue un amour tragiquement contrarié, tribulations sanglantes, trahison et vengeance, rappelle des romans gothiques comme Le château d’Otrante ou des nouvelles de Poe telles que La barrique d’Amontillado.

Reste que la BD est trop courte. Une centaine de pages, assez peu de textes, l’ambiance y est - le dessin la rend parfaitement - mais la brièveté du récit est frustrante, d’autant que (et c’est un argument que je n’utilise que très rarement) son prix est assez élevé. On la referme, terminée, au bout d’une trentaine de minutes, en se disant qu’on aurait voulu que le background fut utilisé plus longuement, et en ayant le sentiment de ne pas en avoir eu pour son argent.

Ragemoor, Strnad, Corben

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
« Hammer « , tu as dit un mot magique ! Dommage que ce soit si cher, comme tu dis...
Gromovar a dit…
Ouais. Vaut mieux l'emprunter que l'acheter imho.