La Route de Roswell - Connie Willis

Francie (un prénom aussi vieillot et nostalgique que sa porteuse) est une jeune célibataire invitée au mariage de son ex-colocataire de fac devenue sa meilleure amie, Serena. Ce n’est pas la première fois que cette dernière s’amourache avec un gars bizarre au point de vouloir convoler, mais celle-ci est peut-être la bonne. Serena va épouser Russell, un ufologue patenté, ce qui explique que la cérémonie soit prévue à Roswell , capitale mondiale des cinglés de tous poils depuis le fameux crash de 1947. C’est donc dans cette ville du Nouveau-Mexique que Francie débarque. A peine le temps de croiser un ou deux illuminés que Francie est enlevée par un alien en allant chercher des guirlandes dans la voiture de Serena ; un alien qui, loin de ressembler aux petits gris de légende, a plutôt l’air d’un virevoltant muni d’une foultitude de tentacules aussi rapides que précis, des tentacules à l’aide desquels il enserre la jeune femme et l’empêche de fuir. La créature, qui ne s’exprime que par p...

Une si brève angoisse


"Ragemoor" est une BD standalone du dessinateur Richard Corben, une célébrité de l’illustration fantastique, sur un scénario de Jack Strnad.

Ragemoor, c’est aussi le nom d’un château gothique, perché au bord d’une falaise et édifié à l’aide du sang d’innombrables sacrifiés. Y vivent Herbert, le maitre des lieux, son père, devenu fou, et Bodrick son majordome.
Un oncle, parti depuis longtemps, revient au château, accompagné d’une belle jeune femme, sous couvert de visite familiale. Mais l’oncle a de sombres projets que Ragemoor, édifice vivant, va se charger de contrecarrer d’atroce manière.

L’atmosphère de "Ragemoor" est « délectable », et le lecteur averti y prendra plaisir. Le château est une présence vivante et maléfique, habité d’étranges résidents qui cohabitent avec Herbert et sa famille. La forteresse vit, bouge, manigance, tue même, dans une ambiance de claustration oppressante qui rappelle le Gormenghast de Mervyn Peake. Mais c’est aussi du côté de Poe, de Lovecraft, et des gothiques anglais, que lorgnent les auteurs de l’album. Les nombreuses références visuelles ou textuelles parleront aux amateurs de ces histoires que la Hammer illustra. Le déroulement du récit, malédiction familiale, emprisonnement dans un château inquiétant où se joue un amour tragiquement contrarié, tribulations sanglantes, trahison et vengeance, rappelle des romans gothiques comme Le château d’Otrante ou des nouvelles de Poe telles que La barrique d’Amontillado.

Reste que la BD est trop courte. Une centaine de pages, assez peu de textes, l’ambiance y est - le dessin la rend parfaitement - mais la brièveté du récit est frustrante, d’autant que (et c’est un argument que je n’utilise que très rarement) son prix est assez élevé. On la referme, terminée, au bout d’une trentaine de minutes, en se disant qu’on aurait voulu que le background fut utilisé plus longuement, et en ayant le sentiment de ne pas en avoir eu pour son argent.

Ragemoor, Strnad, Corben

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
« Hammer « , tu as dit un mot magique ! Dommage que ce soit si cher, comme tu dis...
Gromovar a dit…
Ouais. Vaut mieux l'emprunter que l'acheter imho.