Exquisite corpses - Tynion - Walsh - Bellaire

Depuis 250 ans, les 13 familles les plus riches d'Amérique du Nord se partagent le contrôle du pays à l'insu de tous. Tous les 5 ans, le soir d'Halloween, elles se réunissent, désignent une petite bourgade américaine, recrutent 12 tueurs à tendance psychopathe, et organisent un grand tournoi au terme duquel sera désignée la nouvelle famille dominante. Lâchés dans une petite ville discrète et sans histoire, les criminels n’ont qu’un seul objectif : éliminer leurs adversaires. Pour les habitants d’Oak Valley, Maine (l’arène malchanceuse de cette année), le but est simple : survivre à cette terrible nuit. Bienvenue dans l'arène d'Oak Valley où débute la nouvelle édition de ce jeu de massacre hors norme baptisé EXQUISITE CORPSES ! Exquisite Corpses est le nouveau projet de James ‘serial writer’ Tynion IV . C’est une série de comics qui seront publiés sous au moins deux formats en France : 7 numéros souples (espacés d’un mois, depuis janvier) plus un coffret pour les r...

Une si brève angoisse


"Ragemoor" est une BD standalone du dessinateur Richard Corben, une célébrité de l’illustration fantastique, sur un scénario de Jack Strnad.

Ragemoor, c’est aussi le nom d’un château gothique, perché au bord d’une falaise et édifié à l’aide du sang d’innombrables sacrifiés. Y vivent Herbert, le maitre des lieux, son père, devenu fou, et Bodrick son majordome.
Un oncle, parti depuis longtemps, revient au château, accompagné d’une belle jeune femme, sous couvert de visite familiale. Mais l’oncle a de sombres projets que Ragemoor, édifice vivant, va se charger de contrecarrer d’atroce manière.

L’atmosphère de "Ragemoor" est « délectable », et le lecteur averti y prendra plaisir. Le château est une présence vivante et maléfique, habité d’étranges résidents qui cohabitent avec Herbert et sa famille. La forteresse vit, bouge, manigance, tue même, dans une ambiance de claustration oppressante qui rappelle le Gormenghast de Mervyn Peake. Mais c’est aussi du côté de Poe, de Lovecraft, et des gothiques anglais, que lorgnent les auteurs de l’album. Les nombreuses références visuelles ou textuelles parleront aux amateurs de ces histoires que la Hammer illustra. Le déroulement du récit, malédiction familiale, emprisonnement dans un château inquiétant où se joue un amour tragiquement contrarié, tribulations sanglantes, trahison et vengeance, rappelle des romans gothiques comme Le château d’Otrante ou des nouvelles de Poe telles que La barrique d’Amontillado.

Reste que la BD est trop courte. Une centaine de pages, assez peu de textes, l’ambiance y est - le dessin la rend parfaitement - mais la brièveté du récit est frustrante, d’autant que (et c’est un argument que je n’utilise que très rarement) son prix est assez élevé. On la referme, terminée, au bout d’une trentaine de minutes, en se disant qu’on aurait voulu que le background fut utilisé plus longuement, et en ayant le sentiment de ne pas en avoir eu pour son argent.

Ragemoor, Strnad, Corben

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
« Hammer « , tu as dit un mot magique ! Dommage que ce soit si cher, comme tu dis...
Gromovar a dit…
Ouais. Vaut mieux l'emprunter que l'acheter imho.