Luminary 3 - The No War Man - Brunschwig - Perger

Suite et fin (hélas) de la série Luminary , où le Photonik de Ciro Tota est réimaginé par Luc Brunschwig et Stéphane Perger. La spirale des d'événements enclenchée dans le tome 2 – qui culminait dans le meurtre le plus stupéfiant qui soit – ne cesse de tourner et tourner jusqu'à atteindre des niveaux de radicalité dangereux pour la société américaine dans son ensemble. Entre volonté de poursuivre les programmes militaires contestables qui ont conduit à la création des Photonik, de cacher la vérité au peuple américain sur les agissements du groupe factieux qui a pris le contrôle des institutions, et enfin – tout est lié – de fournir à la frange la plus crédule de l'opinion un puis deux boucs-émissaires, le pouvoir ajoute au scandale des black ops la tenue d'un simulacre de procès qui rappelle – en bien pire dans ses conséquences – celui des 7 de Chicago . Face à l'injustice criante et alors que le chaos envahit les rues sous l'impulsion de milices racistes qui

Une si brève angoisse


"Ragemoor" est une BD standalone du dessinateur Richard Corben, une célébrité de l’illustration fantastique, sur un scénario de Jack Strnad.

Ragemoor, c’est aussi le nom d’un château gothique, perché au bord d’une falaise et édifié à l’aide du sang d’innombrables sacrifiés. Y vivent Herbert, le maitre des lieux, son père, devenu fou, et Bodrick son majordome.
Un oncle, parti depuis longtemps, revient au château, accompagné d’une belle jeune femme, sous couvert de visite familiale. Mais l’oncle a de sombres projets que Ragemoor, édifice vivant, va se charger de contrecarrer d’atroce manière.

L’atmosphère de "Ragemoor" est « délectable », et le lecteur averti y prendra plaisir. Le château est une présence vivante et maléfique, habité d’étranges résidents qui cohabitent avec Herbert et sa famille. La forteresse vit, bouge, manigance, tue même, dans une ambiance de claustration oppressante qui rappelle le Gormenghast de Mervyn Peake. Mais c’est aussi du côté de Poe, de Lovecraft, et des gothiques anglais, que lorgnent les auteurs de l’album. Les nombreuses références visuelles ou textuelles parleront aux amateurs de ces histoires que la Hammer illustra. Le déroulement du récit, malédiction familiale, emprisonnement dans un château inquiétant où se joue un amour tragiquement contrarié, tribulations sanglantes, trahison et vengeance, rappelle des romans gothiques comme Le château d’Otrante ou des nouvelles de Poe telles que La barrique d’Amontillado.

Reste que la BD est trop courte. Une centaine de pages, assez peu de textes, l’ambiance y est - le dessin la rend parfaitement - mais la brièveté du récit est frustrante, d’autant que (et c’est un argument que je n’utilise que très rarement) son prix est assez élevé. On la referme, terminée, au bout d’une trentaine de minutes, en se disant qu’on aurait voulu que le background fut utilisé plus longuement, et en ayant le sentiment de ne pas en avoir eu pour son argent.

Ragemoor, Strnad, Corben

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
« Hammer « , tu as dit un mot magique ! Dommage que ce soit si cher, comme tu dis...
Gromovar a dit…
Ouais. Vaut mieux l'emprunter que l'acheter imho.