Mignola - Nixey - Batman La Malédiction qui s'abattit sur Gotham

Sous une couverture aux couleurs passées qui évoque un pulp trop souvent manipulé se trouve La Malédiction qui s'abattit sur Gotham , un petit bijou de Mike Mignola, Richard Pace et Troy Nixey publié en français chez Urban Nomad dans une traduction d'Alex Nikolavitch. 1928. Antarctique. L'Argo, un navire commandé par le jeune milliardaire Bruce Wayne, aborde les côtes de la terre Victoria. Il y retrouve les restes de l'expédition du professeur Cobblepot, de l'université de Gotham. Pris par les glaces, le navire scientifique de Cobblepot est immobilisé. Cela n'a rien d'étonnant. Ce qui l'est, en revanche, c'est l'état de l'équipage. Tous les hommes sont retrouvés morts par Wayne et ses associés (Dick Grayson et Tim Drake notamment) , sauf le professeur Cobblepot, disparu, et un dénommé Grendon, qui a l'air plus mort que vif. Recherches terminées, malgré une issue peu satisfaisante, l'Argo retourne à Gotham. Il ramène Grendon, sauvé in ...

Une si brève angoisse


"Ragemoor" est une BD standalone du dessinateur Richard Corben, une célébrité de l’illustration fantastique, sur un scénario de Jack Strnad.

Ragemoor, c’est aussi le nom d’un château gothique, perché au bord d’une falaise et édifié à l’aide du sang d’innombrables sacrifiés. Y vivent Herbert, le maitre des lieux, son père, devenu fou, et Bodrick son majordome.
Un oncle, parti depuis longtemps, revient au château, accompagné d’une belle jeune femme, sous couvert de visite familiale. Mais l’oncle a de sombres projets que Ragemoor, édifice vivant, va se charger de contrecarrer d’atroce manière.

L’atmosphère de "Ragemoor" est « délectable », et le lecteur averti y prendra plaisir. Le château est une présence vivante et maléfique, habité d’étranges résidents qui cohabitent avec Herbert et sa famille. La forteresse vit, bouge, manigance, tue même, dans une ambiance de claustration oppressante qui rappelle le Gormenghast de Mervyn Peake. Mais c’est aussi du côté de Poe, de Lovecraft, et des gothiques anglais, que lorgnent les auteurs de l’album. Les nombreuses références visuelles ou textuelles parleront aux amateurs de ces histoires que la Hammer illustra. Le déroulement du récit, malédiction familiale, emprisonnement dans un château inquiétant où se joue un amour tragiquement contrarié, tribulations sanglantes, trahison et vengeance, rappelle des romans gothiques comme Le château d’Otrante ou des nouvelles de Poe telles que La barrique d’Amontillado.

Reste que la BD est trop courte. Une centaine de pages, assez peu de textes, l’ambiance y est - le dessin la rend parfaitement - mais la brièveté du récit est frustrante, d’autant que (et c’est un argument que je n’utilise que très rarement) son prix est assez élevé. On la referme, terminée, au bout d’une trentaine de minutes, en se disant qu’on aurait voulu que le background fut utilisé plus longuement, et en ayant le sentiment de ne pas en avoir eu pour son argent.

Ragemoor, Strnad, Corben

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
« Hammer « , tu as dit un mot magique ! Dommage que ce soit si cher, comme tu dis...
Gromovar a dit…
Ouais. Vaut mieux l'emprunter que l'acheter imho.