Lovecraft's Brood - Ellen Datlow

Lovecraft’s Brood est une anthologie de textes écrits par des « Enfants de Lovecraft » si on en croit le titre. La célèbre Ellen Datlow en est l’anthologiste. Commençons par la phrase qui ouvre presque toute chronique sur une anthologie ou un recueil : Toutes les histoires rassemblées ici ne se valent pas, on appréciera plus ou moins telle ou telle en fonction de ses qualités intrinsèques et de ses goûts propres. Puis poursuivons. Ce qui relie ces histoires, dixit Datlow citant Lovecraft lui-même, est qu’elles appartiennent à un type de fiction qui évoque l’horreur cosmique, une horreur qui conjure « une certaine atmosphère de terreur haletante et inexplicable face à des forces extérieures et inconnues » , et qui s’articule autour d’ « une suspension ou d’une mise en échec, singulière et malveillante, de ces lois immuables de la Nature qui constituent notre seul rempart contre les assauts du chaos » . (Trad. Gromovar) Plus loin, elle ajoute qu’à ses yeux, l’« e...

Protectionnisme éducateur


Des années avant Existence, David Brin s’était déjà attaqué au paradoxe de Fermi : Pourquoi, dans un univers infini, n’avons-nous jamais eu aucun contact avec une civilisation extra-terrestre ? Pourquoi aucun signe, aucun signal, aucune trace ? De personne ? Les distances ne peuvent suffire à expliquer un isolement que les échelles de temps gigantesques devraient abolir. De nombreuses hypothèses existent pour comprendre cette étrangeté. Aucune n’est totalement satisfaisante.

Avec "The Crystal Spheres", Brin proposait son explication, fondamentalement différente de celle d’Existence et d'abord bien plus simple, dans une approche qui rappelle clairement l’intelligent design.
Prix Hugo de la meilleure nouvelle en 85, "The Crystal Spheres" se situe loin dans l’avenir, au sein d’une humanité post-humaniste (le texte fourmille d’innovations sociétales ou linguistiques). Les premiers vaisseaux interstellaires ont découvert que le système solaire était « enfermé » dans une sphère de nature inconnue. La découvrant et la brisant dans le même mouvement, de courageux navigateurs quittent le système solaire et partent explorer le vaste inconnu. Ils ne ramèneront à l’humanité que dépression et désappointement. L’infini est fragmenté et incompréhensible. Il contient de la vie - les traces sont claires - mais elle est inaccessible. Seuls nous sommes et seuls nous resterons.
A moins que ne se présente une opportunité de comprendre et, enfin, d’agir.

Avec "The Crystal Spheres", Brin offre au lecteur curieux une solution élégante, bien que peu crédible, au paradoxe de Fermi, presque un conte de fée de l’espace. Agréable et frais.

The Crystal Spheres, David Brin

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
C’est marrant, ça rappelle un peu Greg Egan, cette humanité isolée.
Gromovar a dit…
La Hard-SF en moins. Mais je crois que cette nouvelle a été traduite. Tu peux regarder.