La Chanson du zombie - Harlan Ellison - Retour de Bifrost 117

Comme Hitler peignait des roses , La Chanson du zombie fait partie de la série de quatre recueils d'Ellison publiée à la fin des années 70 par Les Humanoïdes Associés. Avec une différence importante ici : dans ce recueil-ci ce sont grosso modo quatorze collaborations qui sont rassemblées, quatorze textes parmi les nombreux qu'Ellison écrivit à quatre mains avec un (plus ou moins) grand nom de l'Imaginaire de son temps. Comme il est de coutume chez Ellison, après une introduction générale chacun des textes est précédé d'une introduction particulière parfois assez longue qui décrit ses conditions de réalisation, autrement dit : comment deux auteurs se connurent et devinrent amis ou pas, comment ils décidèrent d'écrire ensemble, comment ils le firent, quelles difficultés ils rencontrèrent, quel délai sépara l'idée de la réalisation, selon quelle alternance (ici Ellison est précis à la phrase près) les passages furent-ils rédigés et par qui. Ces prolégomènes sont...

Null


Un vieux détective retiré et reconverti en éleveur d’abeille, l’année 1944, un petit juif muet porteur d’un perroquet qui récite des séries de chiffres en allemand, des personnages troubles, un mauvais garçon fils d’un couple au bout du rouleau. Le tout écrit par Michaël Chabon l’auteur du très bon et uchronique Club des policiers Yiddish. A priori, cette grosse centaine de pages sentait bon. Mais, comment dit-on ? On ne juge pas un livre à sa couverture.

"The Final Solution" est à la fois la réponse définitive qu’il faudrait trouver à un mystère et aussi un grand secret à dévoiler. Le grand secret est si incroyable, si humainement incroyable, que même le plus grand esprit déductif d’Europe s’y cassera les dents et ne parviendra pas à le percer ; il ne résoudra que le prosaïque mystère. Un meurtre, pas les six millions d’autres.

Si cette grosse centaine de pages avait tout pour plaire, comment a-t-il donc échoué ?

Trop de points de vue (même celui du perroquet) pour trop peu de pages. Un personnage de Détective Conseil retiré dans l’apiculture, vieilli, fatigué, perclus de rhumatisme, atteint d’instants de décrochage intellectuel, qui au final n’est jamais accrocheur (je n’ai pas dit aimable, Sherlock Holmes ne l’est jamais) et résout son affaire presque par hasard. Et surtout, une volonté de faire absurde ou parodique, illustrée notamment par de très longues périphrases, et qui prouve, par son échec, que tout le monde ne peut s’improviser Monty Python. Qu’on me comprenne, je n’ai rien contre les images ou les métaphores, bien au contraire, quand elles servent à enrichir ou embellir ce qui est dit, pas quand elles détournent l’attention du point central, au fil d’un détour de production qui semble viser l’humour mais dont on peut se demander s'il ne sert pas surtout à « faire « écrivain ».

Pour conclure, "The Final Solution" est tout ce que l'excellent Fatherland de Robert Harris n’est pas. Ce n’était certes pas le bût, mais s’opposent ici, sur des thématiques proches, un très bon roman à un qui rate son objectif.
Et sur nazisme, enquête, et Angleterre, la victoire revient au très piquant Farthing de Jo Walton.

The Final Solution, Michaël Chabon

Commentaires

A.C. de Haenne a dit…
Quoi ? Un Chabon mauvais ? C'est possible ?

A.C.
Gromovar a dit…
Étonnamment, oui.