Elysium Fire - Alastair Reynolds

Elysium Fire est le tome 2 de la trilogie Prefect Dreyfus Emergency , un cycle situé une centaine d'années avant le début de celui des Inhibiteurs , dans le Glitter Band en orbite autour de la planète humaine Yellowstone. Pour le contexte, on lira le billet concernant le premier tome du cycle . Peu après les événements décrits dans Aurora Rising , une forme de calme est revenue dans le Glitter Band. Mais, pour Panoply et son corps de préfets, la vie n'est jamais un long fleuve tranquille. Et deux nouvelles menaces surgissent. D'une part, un populiste braillard nommé Devon Garlin va d'habitat en habitat et, jouant sur la méfiance que suscite une organisation pourtant peu coercitive, prêche une sécession d'avec le Glitter Band. Autorisé par les statuts de l'organisation, ce « Glitterxit » a déjà séduit quelques habitats et d'autres sont susceptibles de suivre. Le préfet Dreyfus, convaincu qu'il y a plus derrière ces événements, enquête sur les agissements...

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Un vieux détective retiré et reconverti en éleveur d’abeille, l’année 1944, un petit juif muet porteur d’un perroquet qui récite des séries de chiffres en allemand, des personnages troubles, un mauvais garçon fils d’un couple au bout du rouleau. Le tout écrit par Michaël Chabon l’auteur du très bon et uchronique Club des policiers Yiddish. A priori, cette grosse centaine de pages sentait bon. Mais, comment dit-on ? On ne juge pas un livre à sa couverture.

"The Final Solution" est à la fois la réponse définitive qu’il faudrait trouver à un mystère et aussi un grand secret à dévoiler. Le grand secret est si incroyable, si humainement incroyable, que même le plus grand esprit déductif d’Europe s’y cassera les dents et ne parviendra pas à le percer ; il ne résoudra que le prosaïque mystère. Un meurtre, pas les six millions d’autres.

Si cette grosse centaine de pages avait tout pour plaire, comment a-t-il donc échoué ?

Trop de points de vue (même celui du perroquet) pour trop peu de pages. Un personnage de Détective Conseil retiré dans l’apiculture, vieilli, fatigué, perclus de rhumatisme, atteint d’instants de décrochage intellectuel, qui au final n’est jamais accrocheur (je n’ai pas dit aimable, Sherlock Holmes ne l’est jamais) et résout son affaire presque par hasard. Et surtout, une volonté de faire absurde ou parodique, illustrée notamment par de très longues périphrases, et qui prouve, par son échec, que tout le monde ne peut s’improviser Monty Python. Qu’on me comprenne, je n’ai rien contre les images ou les métaphores, bien au contraire, quand elles servent à enrichir ou embellir ce qui est dit, pas quand elles détournent l’attention du point central, au fil d’un détour de production qui semble viser l’humour mais dont on peut se demander s'il ne sert pas surtout à « faire « écrivain ».

Pour conclure, "The Final Solution" est tout ce que l'excellent Fatherland de Robert Harris n’est pas. Ce n’était certes pas le bût, mais s’opposent ici, sur des thématiques proches, un très bon roman à un qui rate son objectif.
Et sur nazisme, enquête, et Angleterre, la victoire revient au très piquant Farthing de Jo Walton.

The Final Solution, Michaël Chabon

Commentaires

A.C. de Haenne a dit…
Quoi ? Un Chabon mauvais ? C'est possible ?

A.C.
Gromovar a dit…
Étonnamment, oui.