Department of Truth t6 - Tynion - Simmonds - Cadonici

Le TPB 6 de la série Department of Truth , récemment sorti, est plaisant mais trop court sur le fil principal. Poussé par Cole, Lee est décidé à dire la vérité, à la faire éclater en public, afin que le Département retrouve une vraie direction, perdue depuis la démission de Nixon et la mise en roue libre de l’agence. Mais quel serait l’effet d’une telle entrée dans la lumière ? Si Cole et Ruby, de plus en plus dubitatifs sur leurs propres activités, espèrent qu’elle permettra de (re)mettre vraiment le Département au service de l’amélioration de la vie des gens, Lee, même s’il a parlé au mari journaliste de Cole, hésite sur le bien fondé de son acte. Il doute tant que, malgré une longue conversation sous les étoiles avec son vieil ami The Hat, il finit par aller proposer ses services à un Président qui a érigé les contre-vérités en réalité révélée, et les faits alternatifs en arguments politiques. Qu’adviendra-t-il alors ? On peut craindre le pire. Episodes de transition ici, d’autant p...

Ici, on ne sert pas les nègres


Décidément, les années 60 ne me réussissent pas ces temps-ci.
Grosse déception avec le scénario de ce "MotherFucker" qui avait pourtant tout pour plaire a priori.

"MotherFucker" (fils de pute) ; c’est le terme qu’utilisaient entre eux, pour s’interpeler, les membres du Parti Black Panther. Mouvement révolutionnaire d’obédience marxiste créé en 1966 par Bobby Seale et Huey Newton, les Black Panthers militèrent, comme bien d’autres organisations, pour l’égalité des droits entre blancs et noirs aux USA, inscrivant néanmoins leur lutte dans une réflexion plus large sur les inégalités visant à transformer la « guerre des races » en « guerre des classes ». L’équilibre lutte ethnique/lutte sociale était presque impossible à trouver, problème que n’eut pas la Nation of Islam de Malcolm X par exemple dont l’identité militante ethnico/religieuse était claire.

Célèbres pour leurs bérets noirs empruntés à Che Guevara, à l’origine du programme « Breakfast for children » et plus largement militants actifs de l’empowerment, ils devinrent mondialement célèbres en 1968 lorsque les coureurs Tommy Smith et John Carlos (puis plus tard Lee Evans, Larry James, Ronald Freeman) levèrent un poing ganté sur le podium du 200 mètres, et inventèrent sans doute l’utilisation du terme « Pigs » pour désigner les flics. C’est pour déclencher la guerre des races qu’il attendait de ses vœux que Charles Manson fit écrire, sur le mur de la maison où furent massacrés Sharon Tate et ses amis, le message « Death to Pigs » en lettres de sang.

Les Black Panthers rédigèrent, en 1966, un programme en dix points (fort décents) qui est développé et charpente le scénario dans "MotherFucker", d’une manière bien trop didactique et anticlimatique. On y voit le racisme ordinaire, la discrimination, et la misère des noirs pauvres. Malheureusement rien qu’on ne connaisse déjà si on a été assez motivé pour acheter ces albums. A part ça, peu d’informations politiques ou historiques approfondies et une histoire, je le répète, trop banale et bien trop mélo.
Le dessin, en revanche, est de très belle facture. Lavis à l’encre et ligne claire font le boulot. C’est déjà ça.

MotherFucker, récit complet en 2 tomes, Ricard, Martinez

Ami lecteur, si le sujet t’intéresse, va plutôt voir l’impressionnant Malcolm X de Spike Lee. De là, tu sortiras éclairé et époustouflé.


Commentaires

Efelle a dit…
Le film de Spike Lee laisse une impression durable en effet, de même que certains discours de Malcom X vu dans un documentaire/
Gromovar a dit…
Yep. Un grand personnage, et ses discours sont sur Youtube.