Ithaque - Livre Premier - Laurent Mantese

Pour un non-antiquiste, L’Odyssée commence vraiment au chant IX du poème d’Homère. C’est le récit du voyage de retour d’Ulysse vers son foyer d’Ithaque auprès duquel l’attendent, depuis dix ans et son départ pour la Guerre de Troie, son trône, sa femme Pénélope et son fils Télémaque. Un voyage long et tourmenté, plein de merveilles et d’effroi, de périls et de monstres. C’est cette partie aussi que Laurent ‘old Conan’ Mantese a choisi de redire dans son roman Ithaque , dont le Livre Premier vient de sortir. L’histoire, tous la connaissent, ou au moins en ont une idée. Ulysse, le Rusé, est parti pour les rivages de Troie à la tête d’une flotte de douze vaisseaux. Joignant les troupes grecques assemblées autour d’Agamemnon, il est allé reprendre Hélène, la plus belle femme du monde, enlevée par Pâris fils de Priam, et venger l’honneur de son mari Ménélas, et par extension celui de tous les Grecs. Guerre gagnée après dix ans et pléthore de hauts faits, d’aristies et de massacres, Hélèn...

Ici, on ne sert pas les nègres


Décidément, les années 60 ne me réussissent pas ces temps-ci.
Grosse déception avec le scénario de ce "MotherFucker" qui avait pourtant tout pour plaire a priori.

"MotherFucker" (fils de pute) ; c’est le terme qu’utilisaient entre eux, pour s’interpeler, les membres du Parti Black Panther. Mouvement révolutionnaire d’obédience marxiste créé en 1966 par Bobby Seale et Huey Newton, les Black Panthers militèrent, comme bien d’autres organisations, pour l’égalité des droits entre blancs et noirs aux USA, inscrivant néanmoins leur lutte dans une réflexion plus large sur les inégalités visant à transformer la « guerre des races » en « guerre des classes ». L’équilibre lutte ethnique/lutte sociale était presque impossible à trouver, problème que n’eut pas la Nation of Islam de Malcolm X par exemple dont l’identité militante ethnico/religieuse était claire.

Célèbres pour leurs bérets noirs empruntés à Che Guevara, à l’origine du programme « Breakfast for children » et plus largement militants actifs de l’empowerment, ils devinrent mondialement célèbres en 1968 lorsque les coureurs Tommy Smith et John Carlos (puis plus tard Lee Evans, Larry James, Ronald Freeman) levèrent un poing ganté sur le podium du 200 mètres, et inventèrent sans doute l’utilisation du terme « Pigs » pour désigner les flics. C’est pour déclencher la guerre des races qu’il attendait de ses vœux que Charles Manson fit écrire, sur le mur de la maison où furent massacrés Sharon Tate et ses amis, le message « Death to Pigs » en lettres de sang.

Les Black Panthers rédigèrent, en 1966, un programme en dix points (fort décents) qui est développé et charpente le scénario dans "MotherFucker", d’une manière bien trop didactique et anticlimatique. On y voit le racisme ordinaire, la discrimination, et la misère des noirs pauvres. Malheureusement rien qu’on ne connaisse déjà si on a été assez motivé pour acheter ces albums. A part ça, peu d’informations politiques ou historiques approfondies et une histoire, je le répète, trop banale et bien trop mélo.
Le dessin, en revanche, est de très belle facture. Lavis à l’encre et ligne claire font le boulot. C’est déjà ça.

MotherFucker, récit complet en 2 tomes, Ricard, Martinez

Ami lecteur, si le sujet t’intéresse, va plutôt voir l’impressionnant Malcolm X de Spike Lee. De là, tu sortiras éclairé et époustouflé.


Commentaires

Efelle a dit…
Le film de Spike Lee laisse une impression durable en effet, de même que certains discours de Malcom X vu dans un documentaire/
Gromovar a dit…
Yep. Un grand personnage, et ses discours sont sur Youtube.