Haut les cœurs ! Les Utopiales 2026 arrivent !

Du 29 octobre au 1er novembre 2026, les Utopiales retrouvent la Cité des congrès de Nantes pour une 27e édition placée sous le signe des « Perspectives ». Observation, illusion, plan et vertige : quatre portes d’entrée pour interroger nos façons de voir, de représenter et d’imaginer le monde. La science-fiction devrait avoir quelques idées sur la question. Parmi les 97 auteurs annoncés, on retrouvera notamment Robert Jackson Bennett, Kim Bo-Young, Catherine Dufour, Ian McDonald, John Langan, Annalee Newitz et Dolki Min. Scientifiques, artistes, professionnels du jeu et du cinéma croiseront leurs regards avec les leurs au fil de 131 conférences et tables rondes. De quoi nourrir les discussions, avant de prolonger les rencontres dans la grande librairie du festival et ses séances de dédicaces. Les images auront aussi toute leur place : treize expositions, dont une grande traversée de l’univers graphique de Léa Murawiec, également signataire de l’affiche, et les architectures de Miel Van...

La remagification du monde


Pour "The Paper Menagerie", Ken Liu a obtenu le prix Nebula 2011, le Hugo 2012, et le World Fantasy Award 2012. Aucune nouvelle n’avait jamais gagné ces trois prix. Sachant cela,  j’y suis allé voir, un peu comme on va voir la femme à barbe. Le risque est grand dans ce genre de situation d’être déçu, et que le phénomène ne soit pas à la hauteur des attentes qu’il a suscité.

Dans "The Paper Menagerie", Liu raconte l’histoire du fils d’un couple mixte américano-chinois, son amour premier pour sa mère puis son éloignement progressif. Dans le texte de Liu il y a  la magie d’origamis merveilleux, c’est vrai, mais il y a surtout la réalité des épouses sur catalogue, des esclaves domestiques, du racisme ordinaire des « braves gens », du conformisme forcené des enfants, de la honte et de l’insensibilité qui peut s’installer entre membres d’une même famille. On y voit aussi la tragique histoire chinoise autour de la Révolution Culturelle (et il y a quelque chose du Vivre de Zhang Yimou dans une partie de cette nouvelle). Et tout ça en quelques pages.

Mais surtout, il y a une histoire qui n’aurait pas besoin d’être magique et qui est terriblement émouvante. Comme dans Good Bye Lenin qui, par delà la Chute du Mur, racontait l’histoire de l’amour énorme d’un fils pour sa mère, "The Paper Menagerie" raconte l’amour bouleversant d’une mère pour son fils.
Ca prend à la gorge puis ça serre très fort; et si c’est Gromovar, bien connu comme heartless bastard, qui le dit, vous pouvez le croire. Pour percer ma couenne, il en faut.

En conclusion, s’il y a une nouvelle que vous devez lire cette année, c’est "The Paper Menagerie" du sino-américain Ken Liu. Elle mérite sans le moindre doute ses trois prix. Le reste est fade à côté.

Notons que la nouvelle est lisible en français dans Fictions n°16.

The Paper Menagerie, Ken Liu

Ces nouvelles participent au Challenge JLNN

Commentaires

Seb a dit…
Très bonne nouvelle en effet, j'avais peur d'être déçu mais j'ai été emballé par cette ambiance douce-amère !
Gromovar a dit…
Je m'aperçois que je n'ai pas mis de lien. No good, même s'il est facile à trouver.

En voici donc un http://io9.com/5958919/read-ken-lius-amazing-story-that-swept-the-hugo-nebula-and-world-fantasy-awards
Thomas Day a dit…
Lu dans le dernier Fiction ; c'est de loin la meilleure nouvelle du numéro (qui contient deux autres bonnes nouvelles de l'auteur).
Gromovar a dit…
Je vais linker le numéro.