Le Dernier fils des dieux - Jean Baret

De Jean Baret on avait lu l'impressionnante trilogie Trademark et le surprenant Monde de Julia (avec Ugo Bellagamba) . Il était difficile de faire mieux ; ce n'est hélas pas le cas avec ce court roman un peu décevant dans sa forme. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 123, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À l’aube de l’effondrement des sociétés humaines mondialisées, un journaliste reçoit un étrange carnet, journal intime d’un jeune homme, héritier d’une fortune sans commune mesure et retenu contre son gré par un colosse silencieux dans une prison de béton. Au fil des pages, il découvre la vie de débauche et l’arrogance de cette frange de la population qui agit comme les nouveaux dieux ; quelques-uns organisent par ennui, au sein d’un mystérieux club, des actions absurdes provoquant des désordres interna...

Les voies du Seigneur...

"La charte maudite" est une novella de Jean d’Aillon qui fait immédiatement suite à De taille et d’estoc.

Alors que Guillem d’Ussel se dirige vers Paris, il traverse un fief où se trament de biens sombres agissements. A son corps défendant, il devra « faire le chevalier » et défendre les humbles. Personnages retors et roués, héroïsme véritable et grande lâcheté, c’est dans un drôle de marigot que se débat Guillem d’Ussel le long des pages de ce texte, vif et enlevé, qui se lit d’une traite avec grand plaisir pour peu qu’on aime l’époque, toujours décrite avec force détails par d’Aillon dans un style qui évoque plus souvent le chroniqueur que l’auteur de romans historiques.

Comme toujours, le fonds historique est de qualité. Cruauté de mauvais seigneurs que le pouvoir absolu corrompt absolument, charte des droits seigneuriaux falsifiée en dépit de la malédiction écrite censée protéger le texte (une pratique courante au Moyen-Age, dans le but explicite de garantir le respect des accords signés), il y a dans cette novella quelque chose de la légende de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre, quelque chose du malheur de la terre laissée en garde pendant la Croisade à un mauvais parent, malheur qui tombe sur les gueux soumis à l’arbitraire de seigneurs dévoyés. On se souviendra du Double Corps du Roi du duo Bellagamba / Day. Mais le XIIème siècle est aussi une époque charnière et le texte en prend acte. On y voit donc se développer les chartes « libérales » octroyées, plus ou moins volontairement, aux serfs et tenanciers, et les prélèvements sur revenus du commerce devenir des substituts, encore timides mais crédibles, aux anciens impôts et charges fixes, étant donné l’expansion des activité de foire et la prospérité grandissante des villes.

On notera que ce texte, qui n’existe qu’en numérique, est disponible sur le site français d’Amazon, mais aussi sur le site US. Pas de jaloux, quel que soit le type de compte qu’on possède.

La charte maudite, Jean d’Aillon

Commentaires

Un genre que je ne lis jamais mais vers lequel je devrais me pencher... D'ailleurs je lirais bien les Rois Maudits un jour
Gromovar a dit…
Les Rois maudits ou la trilogie que Paul Doherty a consacrée à cette période, mais vue côté anglais http://quoideneufsurmapile.blogspot.fr/2010/04/genese-de-la-louve.html