The Traveler - Joseph Eckert

Scott Treder est un gars normal. Il est marié à Amy. Ils ont un fils de sept ans, Lyle. Il est informaticien. Et ce matin d’avril, comme tous les matins, il part en voiture à son travail. A 7 heures 52 précises, Scott Treder cesse définitivement d’être un gars normal. Impression de glissement et… plus de voiture ! Scott – dont la quantité de mouvement n’a pas changé – se retrouve en l’air, à quelques centimètres du bitume, lancé à 30 km/h environ. Scott, rattrapé par la pesanteur, chute sur l’asphalte, où il culbute et se blesse avant de manquer se faire écraser par une voiture en mouvement apparue derrière sa position. Ce phénomène incompréhensible trouve vite une explication qui ne l’est pas moins : Scott a avancé dans le temps d’une journée entière, passant du 13 avril au 14, même heure, même lieu. Rentrant chez lui, il retrouve une femme et un fils morts d’inquiétude. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que ces sauts temporels vont se répéter, jour après jour, toujours à la même ...

Hibernatus triste


Il y a trois ans sortait le premier tome de la série "The Twelve", traduite et publiée par Panini. Lu, apprécié. Puis le temps est passé et j’ai commencé à penser que la fin de la série ne sortirait jamais en France. Erreur grave. Non seulement la dite seconde moitié vient de sortir, mais encore elle est agrémentée d’un épisode additionnel hors projet initial. Better late than never.

Berlin 1945. Douze super-héros, réunis par le hasard, pénètrent dans le QG des SS. Contrairement à leurs espérances, ils n’y trouvent pas de document secret, mais tombent dans un piège. Enfermés, endormis, ils sont placés en hibernation par les scientifiques SS dans un but mystérieux. Ils ne sont retrouvés et sauvés que soixante ans plus tard, là encore, par hasard. Pris en charge, rapatriés, hébergés et défrayés par l’armée américaine, en raison de la dette née de leur sacrifice, mais aussi dans l’espoir d’en faire des modèles positifs à la morale simple dans un monde en désarroi, il peut sembler que leur épreuve touche à sa fin. C’est loin d’être le cas.

Retour dans des USA et un monde qui ont plus changé en soixante ans qu’ils ne l’avaient fait dans les deux siècles précédents, folie apparente d'un monde devenu frénétique, reconnexion presque impossible avec familles et amis, tous morts ou bien vieux, compétences et réseaux obsolètes depuis longtemps. Il faut s’appeler Steve Rogers pour savoir surmonter vite et bien cette difficulté ; ce n’est le cas d’aucun des douze héros de "The Twelve".
Fatigués, inadaptés, désorientés, lestés par les secrets, pas toujours ragoutants, de leur vie précédente, ces soldats perdus d’une guerre presque oubliée (et qu’on ne peut voir que comme des victimes), tentent, avec difficulté, de reprendre contact avec cette réalité qui est la nôtre et qui est devenue, à leur grand regret, la seule dont ils disposent. Quand une série de meurtres étranges touche de près le groupe, l’équilibre instable dans lequel il s’était, à grand-peine, installé vole en éclats.

La série fait immanquablement penser à Watchmen, et pourtant elle n’en est pas un plagiat. Les ressorts qui la tirent sont d’une part la difficulté à se réadapter à un monde devenu culturellement étranger et à faire le deuil de ce et ceux qu’on avait laissés derrière soi pour partir à la guerre, pensant qu’on les retrouverait en rentrant à la maison, d’autre part la mise à jour douloureuse des secrets de chacun, servant à la fois à éclairer les faits et gestes des personnages mais aussi à comprendre motivation et déroulement des meurtres.

Nanti d’une belle galerie de personnalités, d’un scénario de thriller à la progression régulière et logique, de vrais moments d’émotion et de nostalgie, "The Twelve" est de plus servi par des dessins au look rétro très réussis ainsi que part une belle mise en couleur.

Note : A la fin de la série, on lira avec plaisir un supplément qui raconte la prise d’une base secrète allemande avant l’épisode fatal de Berlin, et dans lequel on pourra voir le seul et l’unique Captain América. On peut lire aussi l'avis de Néault.

The Twelve 1 et 2, Straczynski, Weston

Commentaires

Efelle a dit…
Vu le scénariste et ce que tu en dis je vais devoir y passer.
Gromovar a dit…
La vie est dure ;)
Efelle a dit…
En tout cas, j'ai bien fait de me bouger les fesses. Le premier tome se fait rare.
Gromovar a dit…
Tu as déjà commandé ?
Xapur a dit…
çà donne sacrément envie !
Gromovar a dit…
C'est vraiment pas mauvais.