The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça mérite  même  mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les ...

Me and you, and you and me


"La volonté du Dragon", le court roman de Lionel Davoust situé dans le monde d’Evanégyre, fourmille d'idées originales et intéressantes. Il raconte la tentative d'annexion d'un petit royaume périphérique, Qmharr, arriéré et médiéval, par l’empire d’Asreth, la plus grande puissance économique, scientifique, militaire, et donc politique, mondiale.
Le monde que décrit Davoust est attirant. Énormes guerriers en armures arcaniques, navires « scientifiquement » mystiques, armes excluant de la réalité (rappelant certaines créations de Pierre Bordage), Evanégyre est un univers arcanepunk, avec tout ce que cela comporte d'émerveillement.
Au-delà du cadre, il y a l’histoire. Dans son roman, Davoust décrit l'arrogance de la grande puissance, sa méconnaissance de la culture de l'agressé et des réalités du terrain, il montre comment la guerre n'est jamais ni rapide ni propre, et comment le faible peut blesser gravement le fort en profitant de son outrecuidance. Il décrit un empire sûr de sa force, mais aussi et surtout de son bon droit, qui considère que la conquête du monde entier est le seul moyen viable de faire régner un ordre satisfaisant sur toute la planète. Il est difficile, en lisant "La volonté du Dragon", de ne pas penser aux États-Unis, et particulièrement à la frange néo-conservatrice de sa classe politique. Il est difficile aussi, de ne pas penser à l'Irak ou à l'Afghanistan, voire au Vietnam, et à l’humiliation quotidienne qu’eurent à y subir les armées américaines. Davoust développe aussi les notions de liberté individuelle et de soumission, il justifie théoriquement les deux approches, et oppose ainsi deux systèmes politiques. On sent qu’il y a beaucoup à découvrir sur l'empire, sa technologie magique, son « Dragon », superbe et mystérieuse, qui gouverne l'empire et le guide ; on sent même qu'il y aurait beaucoup à découvrir sur Qhmarr, son organisation sociale et politique, son respect illimité du destin symbolisé par le concept de lâh, son souverain autiste génial, ses nobles dont le rôle n'est pas clair.
Il y avait de ces vérités entrevues dans « Par-delà les murs », la nouvelle publiée dans l'anthologie Victimes et Bourreaux. Cette nouvelle m'avait passionné, et m'a poussé à lire "La volonté du Dragon" pour en savoir plus sur Evanégyre.
Malheureusement, j'essaie toujours d'en savoir le moins possible sur les livres que je lis, et ici ça m’a desservi. J'entrai donc en confiance dans la volonté du Dragon sans imaginer que le gros du récit consisterait en une (épique) bataille navale. Or je n'aime pas les récits maritimes, et encore moins les récits de bataille navale. Ce roman et moi nous sommes manqués ; j'espère vivement que Lionel Davoust écrira d'autres nouvelles ou d'autres romans situés dans ce monde d' Evanégyre que je me ferai un plaisir de parcourir à nouveau, pourvu que ce ne soit pas sur l'eau.
La volonté du Dragon, Lionel Davoust

CITRIQ

Commentaires

Efelle a dit…
Arcanepunk ? Le rejeton bâtard de l'esthétique steampunk et de la fantasy. Comme dans Arcanum et Warhammer ?

Plus sérieusement, je le lirai sûrement, ayant aimé la nouvelle dans Victimes et Bourreaux et appréciant aussi les bateaux.
Lorhkan a dit…
Dommage... Les goûts, les couleurs, toussa...
Très bonne lecture pour ma part, et qui m'a bien surpris !
Guillmot a dit…
Il défend Buffy, il invoque l'arcanepunk, qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de notre Gromovar ?
Tigger Lilly a dit…
Tu as le mal de mer ?
Endea a dit…
Oh dommage .... Mais c'est sûr que si tu n'aimes pas les batailles navales ...
Gromovar a dit…
Oui, ça aide pas.
arutha a dit…
J'adore les histoires maritimes. As-tu lu (et pas apprécié, du coup), Les Aventuriers de la Mer de notre chère Robin Hobb ?
Gromovar a dit…
Les Aventuriers de la Mer est le seul Hobb que j'ai arrêté avant la fin.
Cédric Ferrand a dit…
Un Marseillais qui n'aime pas la mer. On aura tout lu.