Ce qui réveille les morts - T. Kingfisher

Ce qui réveille les morts est un roman court de T. Kingfisher, l'autrice remarquable de Nettle and Bone . Il est aussi brillant que son devancier, peut-être même plus. A toi de voir, lecteur. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 124, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Lorsqu’Alex Easton, arme lige à la retraite, apprend que son amie d’enfance Madeline Usher est mourante, ka se précipite vers la demeure ancestrale des Usher, perdue dans la campagne reculée de Ruravia. Sur place, Alex découvre un véritable cauchemar : des excroissances fongiques envahissent les environs, la faune est possédée et un sombre étang pulse d’une vie inquiétante. La nuit, Madeline erre dans son sommeil et parle d’une voix qui n’est pas la sienne, tandis que son frère Roderick dépérit, rongé par un mystérieux mal. Avec l’aide d’une brill...

C'est l'interprète qui compte


L’histoire du Joueur de flute de Hamelin, tout le monde la connaît. Vieille légende germanique popularisée par les frères Grimm, elle est terriblement cruelle, et de ce genre de morale d’Ancien Testament qui fait retomber la faute des pères sur les fils.
L’album d’André Houot n’est donc qu’une (nouvelle) interprétation d’un récit apocryphe. Mais quelle interprétation !
Je vais être bref et simple. "Hamelin" est beau. Comme peut l’être un bel objet, un beau bijou, une belle statue. Houot adapte fidèlement le récit en y ajoutant simplement une histoire révoltante, dans sa banalité, d’accusation de sorcellerie. Il y montre aussi un procès d’animal, comme il en existait vraiment au Moyen-Age. Mais, par delà l’histoire qu’on peut déjà connaître, Houot donne de tout cela une mise en image sublime. Les graphismes sont fins et très détaillés. L’encrage précis emplit l’image d’une multitude de petits détails réalistes. Les couleurs sont superbes, toujours adaptées, de l’ocre au noir au bleu, lumineuses ou sombres suivant les lieux et les moments.

L’Allemagne médiévale, avec ses maisons à colombage, ses rues sombres éclairées par de rares torches, ses murailles et portes fortifiées, ses notables vêtus de riches étoffes, ses mendiants scrofuleux, ses champs baignés de soleil, ses lavoirs, ses piloris, s’offre au lecteur ébloui par tant de magnificence. Cerise sur le gâteau, les phylactères font de serpentines circonvolutions pour rejoindre les bouches, et les encadrés de présentation sont écrits en caractère gothiques et enluminés.
J’ai hésité avant d’acheter cette adaptation d’une histoire bien connue, par peur de ne pas frissonner par manque de nouveauté. Le fond est ancien, mais la forme est celle de Houot, et elle vaut vraiment le détour. Mes yeux en sont encore ébahis.
Un album à s’offrir, à offrir, autant aux amateurs de BD qu’à ceux de Beaux Livres.
Hamelin, André Houot

Commentaires

Éric Nieudan a dit…
Bien joué le pousse a l'achat... J'ai téléchargé deux de tes recommandations. Et même pas pour faire des cadeaux! :)