Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Le ravi et l'inquiet


Tout petit livre de conversation, offert dans les librairies, sur les enjeux de la préservation du monde à venir. Les dites conversations ont eu lieu dans le cadre de séances de travail du Collegium International.

C'est très bref, donc je ne résumerai pas.

Disons juste que Sloterdijk trace quelques pistes intéressantes comme l'impératif d'un catastrophisme éclairé à la Jean-Pierre Dupuy, l'addition d'un principe d'urgence au principe espérance, ainsi que la fin inévitable de l'ère de la frivolité. Pour Sloterdijk, annihiler l'espoir est la seule manière d'obliger l'humanité à entrer dans la responsabilité. Comme Antigone rejetant l'espoir pour accepter son destin, l'humanité doit le rejeter aussi pour refermer l'ère de la gloutonnerie. Il n'y aura pas plus de deuxième chance qu'il n'y a eu de plan B.

Maurin, quand à lui, analyse de manière assez fine les enjeux du monde de la marchandise, mais dès qu'il approfondit ou commence à envisager des solutions, il se met à ressembler à un illuminé (il conclut d'ailleurs en appelant à des prophètes). La réforme des âmes qu'il propose aurait peut-être du sens s'il prêchait sur l'agora pour quelques centaines d'athéniens. Elle n'en a guère dans notre monde.

Rendre la terre habitable, Edgar Maurin, Peter Sloterdijk

Commentaires

La Mettrie a dit…
Ça sent tout de même fort le déséquilibre...
Entre la peur comme méthode pédagogique d'un coté et la mythologie positiviste de Morin, il me semble qu'il y a une posture plus équilibrée.

L'appel à la peur n'a jamais été d'une quelconque efficacité, au contraire... Tout comme le sermon de l'ami Morin.
Gromovar a dit…
Je suis proche de la position de Sloterdijk donc peu objectif. Mais c'est précisément la posture équilibrée qu'il critique comme source d'immobilisme, l'idée suivant laquelle il y aura toujours un lendemain durant lequel on pourra réparer ce qui s'est cassé aujourd'hui. Il pense que non, moi de même car contrairement à l'homme la Nature n'a pas oublié la notion de rétribution. Je te cite une phrase de Slot. :"La réponse classique pense toujours qu'il y aura un jour après. Mais la théorie des processus n'est pas du même ordre que la théorie de l'Histoire. L'Histoire est le domaine de la deuxième ou de la troisième chance. La théorie des processus connaît la dimension de l'irréversible..."
Leto a dit…
Je te trouve un peu expéditif concernant Edgar Morin (un géant pour moi) et sa pensée complexe.
@La Mettrie : qualifier Morin de positiviste...c'est assez surprenant!
Gromovar a dit…
J'exagère bien sûr. Edgar Morin est un grand philosophe, et il a été (il y a longtemps) un sociologue.
C'est le côté presque religieux et très peu utilisable politiquement de son discours qui me gonfle toujours. Et sérieusement, je trouve que beaucoup de ses phrases ne dépareraient pas dans la bouche d'un leader religieux.