Palaces of the Crow - Ray Nayler

Lituanie. 1941. L’opération Barbarossa . Toi et moi, lecteur, savons ce qui arrive. Les protagonistes du roman, assurément pas. Ces protagonistes dont je parle sont quatre jeunes personnes, entre l’enfance et l’adolescence, que le vent de la guerre emportera, transformera, cassera jusqu’à ce que ne restent que les vestiges de ce qu’ils furent ou auraient pu être. Qui sont-ils quand le roman commence ? D’abord (pas d’inquiétude, je ne spoile rien qui ne soit lisible dès l’abord du roman) Neriya, une brillante jeune fille juive de quatorze ans, qui perd sa famille quand le shtetl dans lequel ils passaient l’été est attaqué. Seule, elle fuit. Czeslaw, un très jeune soldat de l’Armée Rouge, d’origine polonaise (il a menti sur son âge pour pouvoir s’engager et soulager ainsi sa mère seule) . Czeslaw a perdu son unité et ses camarades. Déserteur, seul, il fuit. Kezia, une jeune Rom dont la famille est tuée sans motif aucun. Seule, elle fuit. Et Le Garçon, qui ne parle pas ou plus, que Kezia...

Le ravi et l'inquiet


Tout petit livre de conversation, offert dans les librairies, sur les enjeux de la préservation du monde à venir. Les dites conversations ont eu lieu dans le cadre de séances de travail du Collegium International.

C'est très bref, donc je ne résumerai pas.

Disons juste que Sloterdijk trace quelques pistes intéressantes comme l'impératif d'un catastrophisme éclairé à la Jean-Pierre Dupuy, l'addition d'un principe d'urgence au principe espérance, ainsi que la fin inévitable de l'ère de la frivolité. Pour Sloterdijk, annihiler l'espoir est la seule manière d'obliger l'humanité à entrer dans la responsabilité. Comme Antigone rejetant l'espoir pour accepter son destin, l'humanité doit le rejeter aussi pour refermer l'ère de la gloutonnerie. Il n'y aura pas plus de deuxième chance qu'il n'y a eu de plan B.

Maurin, quand à lui, analyse de manière assez fine les enjeux du monde de la marchandise, mais dès qu'il approfondit ou commence à envisager des solutions, il se met à ressembler à un illuminé (il conclut d'ailleurs en appelant à des prophètes). La réforme des âmes qu'il propose aurait peut-être du sens s'il prêchait sur l'agora pour quelques centaines d'athéniens. Elle n'en a guère dans notre monde.

Rendre la terre habitable, Edgar Maurin, Peter Sloterdijk

Commentaires

La Mettrie a dit…
Ça sent tout de même fort le déséquilibre...
Entre la peur comme méthode pédagogique d'un coté et la mythologie positiviste de Morin, il me semble qu'il y a une posture plus équilibrée.

L'appel à la peur n'a jamais été d'une quelconque efficacité, au contraire... Tout comme le sermon de l'ami Morin.
Gromovar a dit…
Je suis proche de la position de Sloterdijk donc peu objectif. Mais c'est précisément la posture équilibrée qu'il critique comme source d'immobilisme, l'idée suivant laquelle il y aura toujours un lendemain durant lequel on pourra réparer ce qui s'est cassé aujourd'hui. Il pense que non, moi de même car contrairement à l'homme la Nature n'a pas oublié la notion de rétribution. Je te cite une phrase de Slot. :"La réponse classique pense toujours qu'il y aura un jour après. Mais la théorie des processus n'est pas du même ordre que la théorie de l'Histoire. L'Histoire est le domaine de la deuxième ou de la troisième chance. La théorie des processus connaît la dimension de l'irréversible..."
Leto a dit…
Je te trouve un peu expéditif concernant Edgar Morin (un géant pour moi) et sa pensée complexe.
@La Mettrie : qualifier Morin de positiviste...c'est assez surprenant!
Gromovar a dit…
J'exagère bien sûr. Edgar Morin est un grand philosophe, et il a été (il y a longtemps) un sociologue.
C'est le côté presque religieux et très peu utilisable politiquement de son discours qui me gonfle toujours. Et sérieusement, je trouve que beaucoup de ses phrases ne dépareraient pas dans la bouche d'un leader religieux.