L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Le ravi et l'inquiet


Tout petit livre de conversation, offert dans les librairies, sur les enjeux de la préservation du monde à venir. Les dites conversations ont eu lieu dans le cadre de séances de travail du Collegium International.

C'est très bref, donc je ne résumerai pas.

Disons juste que Sloterdijk trace quelques pistes intéressantes comme l'impératif d'un catastrophisme éclairé à la Jean-Pierre Dupuy, l'addition d'un principe d'urgence au principe espérance, ainsi que la fin inévitable de l'ère de la frivolité. Pour Sloterdijk, annihiler l'espoir est la seule manière d'obliger l'humanité à entrer dans la responsabilité. Comme Antigone rejetant l'espoir pour accepter son destin, l'humanité doit le rejeter aussi pour refermer l'ère de la gloutonnerie. Il n'y aura pas plus de deuxième chance qu'il n'y a eu de plan B.

Maurin, quand à lui, analyse de manière assez fine les enjeux du monde de la marchandise, mais dès qu'il approfondit ou commence à envisager des solutions, il se met à ressembler à un illuminé (il conclut d'ailleurs en appelant à des prophètes). La réforme des âmes qu'il propose aurait peut-être du sens s'il prêchait sur l'agora pour quelques centaines d'athéniens. Elle n'en a guère dans notre monde.

Rendre la terre habitable, Edgar Maurin, Peter Sloterdijk

Commentaires

La Mettrie a dit…
Ça sent tout de même fort le déséquilibre...
Entre la peur comme méthode pédagogique d'un coté et la mythologie positiviste de Morin, il me semble qu'il y a une posture plus équilibrée.

L'appel à la peur n'a jamais été d'une quelconque efficacité, au contraire... Tout comme le sermon de l'ami Morin.
Gromovar a dit…
Je suis proche de la position de Sloterdijk donc peu objectif. Mais c'est précisément la posture équilibrée qu'il critique comme source d'immobilisme, l'idée suivant laquelle il y aura toujours un lendemain durant lequel on pourra réparer ce qui s'est cassé aujourd'hui. Il pense que non, moi de même car contrairement à l'homme la Nature n'a pas oublié la notion de rétribution. Je te cite une phrase de Slot. :"La réponse classique pense toujours qu'il y aura un jour après. Mais la théorie des processus n'est pas du même ordre que la théorie de l'Histoire. L'Histoire est le domaine de la deuxième ou de la troisième chance. La théorie des processus connaît la dimension de l'irréversible..."
Leto a dit…
Je te trouve un peu expéditif concernant Edgar Morin (un géant pour moi) et sa pensée complexe.
@La Mettrie : qualifier Morin de positiviste...c'est assez surprenant!
Gromovar a dit…
J'exagère bien sûr. Edgar Morin est un grand philosophe, et il a été (il y a longtemps) un sociologue.
C'est le côté presque religieux et très peu utilisable politiquement de son discours qui me gonfle toujours. Et sérieusement, je trouve que beaucoup de ses phrases ne dépareraient pas dans la bouche d'un leader religieux.