Karnaval - Christophe Siébert

Karnaval est une nouvelle de Christophe Siébert publiée en édition limitée à l’occasion du 29e Festival International du Roman Noir de Frontignan la Peyrade et illustrée par Etienne Savoye. Courte, rapide, drôle, elle raconte les pérégrinations d’une petit équipe de documentaristes partis à Mertvecgorod pour couvrir le « Karnaval » annuel de la ville, un moment de fête et d’excès en tous genres au cœur d'une cité que le grand public occidental doit encore découvrir. Deux ans après le méga-attentat qui servait de point d’orgue à Images de la fin du monde , les quatre Français en vadrouille vont découvrir un monde si étranger que leur professionnalisme, déjà modeste, n’y résistera pas. Sur seulement cinq jours de travail prévus qui virent à l’orgie constante, entre montées et descentes, Siébert décrit la dérive lente et pas si involontaire de personnes ordinaires que rien n’aurait pu préparer à la singularité de Mertvecgorod. Partis de Paris et à seulement trois heures d’avion ...

Art et éthique


Terminé, par petits bouts, le recueil "Aphorismes" d'Oscar Wilde publié chez Arléa. Les écrits d'un auteur nous en apprennent sur l'auteur, la sélection qu'en fait un responsable éditorial (ici Alvin Redman) nous en apprend sur le responsable, les extraits que met en ligne un blogueur nous en apprend sur le blogueur.

De ce délicieux petit ouvrage, joliment préfacé par le toujours stupéfiant Stephen Fry ("Pour une petite tapette juive de mon acabit, quoi de plus facile que de tirer une certaine consolation de Wilde...Si j'avais...été bon au rugby et excité par les filles, aurais-je quand même été capable de comprendre la vraie grandeur de Wilde"), j'ai retenu trois phrases qui résument à merveille ce que j'aime chez l'auteur du "Portrait de Dorian Gray", la disjonction entre morale et art, que j'étendrai à une disjonction nécessaire entre morale et science. La créativité humaine ne doit pas être entravée par un filtre, si noble soit-il.

"Désormais, je n'approuve ni ne réprouve plus rien. Il est ridicule d'envisager la vie de la sorte. On ne nous a pas mis au monde pour faire étalage de nos préjugés moraux. Je ne prête pas la moindre attention à ce que disent les gens du commun, et je ne me mêle jamais de ce que font les gens charmants."

"Un artiste n'a pas de sympathies éthiques. Chez un artiste, un tel sentiment est un effet de style impardonnable."

"Un livre moral ou immoral, cela n'existe pas. Les livres sont bien ou mal écrits. C'est tout."


Aphorismes, Oscar Wilde

Commentaires

La Mettrie a dit…
Ça alors !
Je viens justement de terminer la re-lecture du même ouvrage, exactement le même. Quelle synchronicité !
Et je l'ai également trouvé succulent.
Gromovar a dit…
Les grands esprits se rencontrent ;-)
Isil a dit…
Ce petit livre est toujours à portée de main sur mon bureau, juste derrière mon ordinateur. Bon, comme j'ai les œuvres complètes de Wilde, il ne sert pas à grand chose puisque tout y est déjà mais de temps en temps, j'aime bien le feuilleter. Une de mes phrases préférées du moment: "Il vaut mieux avoir des revenus assurés que d'être fascinant"
Gromovar a dit…
Mais c'est bien le Kurgan qui dit "Il vaut mieux mourir que de disparaître, MUAHAHAHA".