No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Art et éthique


Terminé, par petits bouts, le recueil "Aphorismes" d'Oscar Wilde publié chez Arléa. Les écrits d'un auteur nous en apprennent sur l'auteur, la sélection qu'en fait un responsable éditorial (ici Alvin Redman) nous en apprend sur le responsable, les extraits que met en ligne un blogueur nous en apprend sur le blogueur.

De ce délicieux petit ouvrage, joliment préfacé par le toujours stupéfiant Stephen Fry ("Pour une petite tapette juive de mon acabit, quoi de plus facile que de tirer une certaine consolation de Wilde...Si j'avais...été bon au rugby et excité par les filles, aurais-je quand même été capable de comprendre la vraie grandeur de Wilde"), j'ai retenu trois phrases qui résument à merveille ce que j'aime chez l'auteur du "Portrait de Dorian Gray", la disjonction entre morale et art, que j'étendrai à une disjonction nécessaire entre morale et science. La créativité humaine ne doit pas être entravée par un filtre, si noble soit-il.

"Désormais, je n'approuve ni ne réprouve plus rien. Il est ridicule d'envisager la vie de la sorte. On ne nous a pas mis au monde pour faire étalage de nos préjugés moraux. Je ne prête pas la moindre attention à ce que disent les gens du commun, et je ne me mêle jamais de ce que font les gens charmants."

"Un artiste n'a pas de sympathies éthiques. Chez un artiste, un tel sentiment est un effet de style impardonnable."

"Un livre moral ou immoral, cela n'existe pas. Les livres sont bien ou mal écrits. C'est tout."


Aphorismes, Oscar Wilde

Commentaires

La Mettrie a dit…
Ça alors !
Je viens justement de terminer la re-lecture du même ouvrage, exactement le même. Quelle synchronicité !
Et je l'ai également trouvé succulent.
Gromovar a dit…
Les grands esprits se rencontrent ;-)
Isil a dit…
Ce petit livre est toujours à portée de main sur mon bureau, juste derrière mon ordinateur. Bon, comme j'ai les œuvres complètes de Wilde, il ne sert pas à grand chose puisque tout y est déjà mais de temps en temps, j'aime bien le feuilleter. Une de mes phrases préférées du moment: "Il vaut mieux avoir des revenus assurés que d'être fascinant"
Gromovar a dit…
Mais c'est bien le Kurgan qui dit "Il vaut mieux mourir que de disparaître, MUAHAHAHA".