An Eye for Property - Tanya Fordwalker

« Le jeu n’en vaut pas la chandelle… mais empêcher qu’elle s’éteigne » R. E. Howard Dans un futur proche, la société Splice of Life offre à tout client proche de la mort et décidé à payer une forte somme (le Passenger) du temps de vie supplémentaire dans le corps d’un jeune bien vivant (le Driver) , qui lui servira de corps d’emprunt un certain temps par semaine ou par jour ; une version hi-tech des cavales de Damballa. Une puce insérée dans le cerveau du Driver contient la personnalité scannée du Passenger. A des jours et heures contractuellement décidés, la personnalité du Passenger est activée puis prend le contrôle du corps de son Driver dont la conscience s’éteint dans l’intervalle. A la fin de la période contractuellement convenue, la conscience du Passenger se remet en sommeil et c’est le Driver qui revient aux commandes. Mais que se passerait-il si quelque chose buguait dans la puce ? An Eye For Property est une nouvelle de Tanya Fordwalker lisible sur le site React...

No place like home


J’attendais beaucoup de "Narcogenèse", et à l’arrivée je suis déçu.
Sous une belle et inquiétante couverture de Xavier Collette, Anne Fakhouri raconte une histoire de croquemitaine, matinée de secrets de famille. Dans le Chais, austère propriété bourgeoise, vit l’étrange famille Gaucher et son petit personnel. Matriarcat séculaire, la famille protège jalousement son univers, ce qui lui vaut une atroce réputation dans la ville de province où on suppose que l’histoire se passe (on se croirait dans un film de Claude Chabrol, ce qui, dans ma bouche, est flatteur). Quand une vague de somnambulisme et de disparitions d’enfants frappe la ville, l’enquête de police aboutit assez rapidement au Chais.
Le scénario de Narcogenèse est plutôt bon, et le rythme que lui imprime l’auteur plaisant. Je ne me suis jamais ennuyé en lisant ce roman, ce qui arrive bien souvent. Mais, l’impression qui ne m’a jamais quitté en lisant Narcogenèse est que ce livre n’a pas bénéficié d’une relecture attentive. On y trouve beaucoup de défauts qu’un travail d’édition plus conséquent aurait du éviter. Pour donner quelques exemples : à intervalle régulier on ne sait plus qui parle, ou à qui on parle ; la personne à qui on s’adresse n’est pas celle avec laquelle on interagit ; un chapitre tombe comme un cheveu sur la soupe (le laborantin et son bébé) puis ressort de la soupe aussi vite qu’il est venu ; les deux enquêtes ne sont pas assez liées pour que leur coexistence soit justifiée ; les personnages ou les intrigues secondaires ne sont pas assez développés, ce qui fait qu’ils sont souvent inutiles (le médecin chef étant l’exemple type, ou l’adolescente en déni) ; une histoire d’amour/sexe inutile et non développée vient aussi tomber dans la soupe, etc… Beaucoup de grumeaux donc, dans cette soupe qui aurait du être plus légère avec moins de topping ou plus épaisse avec plus de matière. Et je ne parle pas du Deus Ex Machina final…
Une bonne idée et une jolie ambiance, malheureusement mal exploitées.
Narcogenèse, Anne Fakhouri

L'avis de Val

L'avis de Lelf

Commentaires

Guillmot a dit…
Faudrait que je me regarde à nouveau des films de Chabrol, ça fait un moment tiens.
Gromovar a dit…
Il faut toujours regarder à nouveau les films de Chabrol ;-)
Acr0 a dit…
Ah merdouille :/ Je voulais le lire car j'en attendais beaucoup (Fakhouri m'a transporté avec "Le Clairvoyage"). Je viens de voir que je suis passée à côté des chroniques des copines, j'vais aller lire ça.
Au fait, le nom de l'illustrateur prend deux L ;)
Val a dit…
Je suis complètement d'accord avec toi...Je pensais que c'était moi qui avais perdu le fil à un moment ou à un autre.
Il n'en reste pas moins que c'est un écrivain à découvrir. Narcogenèse est une bonne histoire.
Merci pour le lien, j'm'en va te linker également
Gromovar a dit…
Je m'en félicite :)
jpoleke a dit…
Entièrement d'accord avec vous.
Le livre est prenant, malgré comme vous l'avez relevé des incohérences et passages inutiles, mais le final est décevant.
Je reproche aussi à cet ouvrage un usage systématique du rêve qui finit par alourdir la lecture.
Je déplore également un manque de fond:aucune réelle réflexion sur l'infanticide ou l'abandon, le sujet est juste utilisé comme prétexte.

Une déception selon moi;
Gromovar a dit…
Oui, c'est bien dommage. J'attendais mieux.
Efelle a dit…
La chronique du Bifrost de juillet va dans le même sens que toi tout en étant moins méchante quand même...
Gromovar a dit…
Etonamment, quand je parle de relecture, ça visait plus L'Atalante que l'auteur elle-même, mais bon...