Membre fantôme - Brian Evenson - Retour de Bifrost 119

En 2003, Brian Evenson frappait un grand coup littéraire avec sa novella The Brotherhood of Mutilation . Six ans plus tard, il donnait de ce texte une version longue avec le roman Last Days (sorti en français sous le titre La Confrérie des mutilés) . On y suivait les traces de Kline, un détective amputé du bras à la suite d'une affaire qui avait mal tourné, engagé pour trouver le coupable du meurtre du fondateur d'une secte inconnue jusqu'alors : La Confrérie des mutilés. D'investigations en interrogatoires (soumis à des contraintes aussi absurdes qu'invincibles) , Kline finissait par découvrir l'identité du meurtrier. Surtout, il se trouvait contraint de plonger dans un univers délirant et fanatique, un monde dans lequel les croyants amputent volontairement des parties de leur corps – le plus de parties étant le mieux, signe de foi et donc d'influence supérieures. Le monde clos des mutilés est religieux, paranoïaque, violent, organisé suivant une logique a...

Brujah rulez


Nouvel album d'Olivier Peru, qui devient, au fil des oeuvres, l'un de mes scénaristes préférés, avec Christophe Bec. "Nosferatu", série publiée chez Soleil (!) et dont le premier tome est titré "Si vis pacem", conte une histoire de vampires antédiluviens, de guerre entre clans , d'organisations secrètes qui luttent contre eux pour protéger les simples humains.
Dans une Bombay noyée sous la mousson s'éveille un mal ancien qui trouve son origine dans la Rome de Néron et sa dépravation. Terrifiés par ce réveil inattendu, ses "enfants", qui l'ont trahi, tentent de l'éliminer avant qu'il ne se venge. Mais, au milieu des loqueteux des bidonvilles, le plus vieux des vampires fonde une nouvelle cour des miracles.
L'ambiance de "Si vis pacem" m'a fait penser au superbe Calcutta, seigneur des nerfs de Poppy Z. Brite. Pluie, boue, lèpre, et déliquescence. Ou à Anne rice et ses générations de vampires. Mais surtout j'y ai vu une mise en image fort réussie de la Camarilla. Hiérarchie et moyens quasi militaires, archontes et subalternes, organisation mafieuse de la gent vampirique, tout dans "Nosferatu" me rappelle le jeu Vampire ou, dans un genre un peu différent, le premier Underworld.
L'histoire est rythmée, rapide, plaisante, entre flashbacks et simultanéités contemporaines. Le graphisme colle à merveille à l'ambiance glauque de ces sociétés secrètes et Calcutta est une énorme verrue grise sur la face du monde. La colorisation, enfin, est aussi de grande qualité, comme le montrent la couverture, le traitement des sources lumineuses, ou le soleil voilé de la page 17. Une série à suivre, même pour cette majorité de l'humanité qui n'a jamais joué à Vampire (et qui a bien tort).
Nosferatu, t1 Si vis pacem, Peru, Martino

L'avis d'Efelle

Commentaires

Munin a dit…
Il y a tous les mots clés qui me faire tilter, là. :-)
Gromovar a dit…
Cède ! Je le veux.
Tes paupières sont lourdes.
Tu sors ta carte bleue. Et...
Efelle a dit…
Faudra que j'y jette un oeil lors de mon prochain passage en librairie BD. Si le trait me plait, je prendrais sans doute le risque de suivre cette série.
Stefano Martino a dit…
merci. je ferai de mon mieux pour le tome 2.
à bientôt

s.
Gromovar a dit…
Je n'ai aucun doute :)
Efelle a dit…
Pas vu en librairie mais la page présentée sur Bdgest est plaisante au niveau du trait. Pour le scénario, je me fie à ta chronique.
Gromovar a dit…
Oula. En terme de responsabilité (surtout pour des BD), je commence à avoir la trouille.
Efelle a dit…
Finalement cela m'a beaucoup plu.
J'aime beaucoup les ambiances et le trait.
Bonne pioche !

http://efelle.canalblog.com/archives/2011/06/05/21322851.html
Gromovar a dit…
Tant mieux.