Exquisite Corpses t3 - Tynion - Walsh - Bellaire

Suite et fin de la série Exquisite Corpses (avant une saison 2 déjà annoncée) . La fin du jeu approche. Les morts se multiplient, tant parmi les civils piégés d'Oak Valley que parmi les tueurs en compétition. Ils ne sont plus que cinq au début du TPB et, tu le sais, lecteur, il ne peut en rester qu'un. Tu te prépares donc à une conclusion attendu dans laquelle se vérifiera le caractère inhumain du jeu et de ses organisateurs (l'élimination du garde-chasse est significative) . Mais Tynion, aussi brillant que d'habitude, nous réserve deux nouveaux rebondissements (si ce n'est plus, tout dépend comment on compte) , après celui qui concluait déjà le volume précédent et surprenait par l'identité du concurrent éliminé. C'est donc à un roller-coaster épique, tant émotionnel que polémologique, que l'auteur et ses dessinateurs (!) convient ses lecteurs pour un final en feu d'artifice. Viens, lecteur ! Ne rate pas ce grand spectacle. Exquisite Corpses TPB3, Ty...

Marginal


Brian Hodge est un auteur de fantastique américain, proche de Poppy Z. Brite, assez peu connu en France. C’est dommage.
"Musiques liturgiques pour nihilistes" est un recueil, publié il y a une dizaine d’années par Gilles Dumay pour Bifrost, regroupant cinq de ses nouvelles, une courte mais éclairante préface, et un entretien final avec l’auteur. Parmi les nouvelles, certaines contiennent des éléments clairement fantastiques, dans d’autres c’est la simple étrangeté de la situation qui crée un sentiment d’anormalité. Dans les deux cas c’est réussi, et Hodge sait créer des ambiances qui déstabilisent le lecteur et le sortent de la sécurité de son milieu familier. Ses histoires captivent, happent le lecteur, et ne le lâchent qu’une fois lessivé.
Auteur résolument rock, il décrit des perditions dans un style dur et cru. Perditions d’individus brisés par la vie et en fuite loin d’eux-mêmes, perdition de la misère et de l’errance des enfants pauvres, des mendiants, des déviants, des parias. Il y a toujours des cassures dans la trame biographique des personnages de Hodge, une désadaptation à la norme, ou un décalage d’avec le monde de la lumière. Ses antihéros rodent dans l’ombre, dans les terrains vagues, dans les bidonvilles, dans les ruelles sombres et coupe-gorges, dans un abattoir désaffecté même. Ils font ce qui effraie le commun, dont il n’a même pas connaissance. Ils vont au-delà de la surface des choses, et savent enlever les lunettes obturantes de l’occidentalité pour voir les racines païennes de notre monde.
Les villes sont le second acteur clé des récits de Hodge. Tentaculaires, toujours en croissance, protectrices ou étouffantes, elles recouvrent le monde ancien de leur prosaïsme bétonné. Elles sont le biotope de l’homme moderne, et simultanément ce qui coupe l’humain de sa nature première. C’est sur leur scène déchiquetée que les tragédies contemporaines se jouent.
Le Paradis en voie d’extinction, et son journaliste endeuillé qui découvre une force antique sous la crasse des favélas, Un autre moi, et son histoire étrange de deuil et d’amitié dans le quart-monde, Cénotaphe, où on croise dans l'abime du temps un Homme Vert tellement plus convaincant que celui que James Lovegrove avait malencontreusement placé dans Royaume Désuni, Tendres holocaustes, faustien et post atomique, et le magistral Musiques liturgiques pour nihilistes, dans lequel un cadavre en odeur de sainteté est le point d’ancrage d’un culte dévoyé, sont autant de manifestations de la cassure, du besoin de sécurité et de communauté, de l’affleurement de l’étrange sous le banal. On referme l’ouvrage à regret, en manque d’autres pépites. "Prototype", l’un des romans de Hodge, est d’ailleurs disponible pour Kindle, et il sera sous peu dans le mien.
Musiques liturgiques pour nihilistes, Brian Hodge

Commentaires

Efelle a dit…
Je suis tenté.
Gromovar a dit…
N'hésite pas. En plus ça videra un peu les stocks de Bifrost. Imagine toi que le prix est en franc sur la couverture.