Revue Tina IA - Collectif

  Je ne suis guère partisan de l'autopromo mais, la revue étant collective, je veux signaler ici la sortie du numéro de  la revue Tina  consacrée à l'IA. Je ne citerai personne pour n'oublier personne (sommaire ci-dessous) , je dirai juste ici que les 190 pages de la revue sont bien remplies de fictions autant que de non-fictions, qu'on y croise Ian Soliane ( qui commence à être bien connu des lecteurs de ce blog ) , qu'on y lit de la poésie et qu'on peut même y écouter une bande-son. Le sommaire complet de la revue est disponible là. Allez y jeter un oeil, voire les deux.

Macho stéroïdé



"Zero Killer", avec Arvid Nelson au stylo, avait l'air d'être précisément le genre de récit que j'aime. Uchronique et post-apo simultanément, il appartient à deux genres dont je suis très amateur, et, last but not least ;-) il me permettait de faire d'une pierre deux coups en se qualifiant à la fois pour le défi Winter Time Travel et le défi Fins du Monde. Sur ce coup, je me trouvais futé. Et bien, non.
Uchronie : Pas de bombe atomique sur les villes japonaises. Invasion terrestre, pertes énormes, partition Sud-Japon, Nord-Japon. Quelques autres évènements historiques bougent, puis la guerre froide s'échauffe jusqu'à culminer dans un conflit nucléaire qui tue 90% de l'humanité en 1973 : Post-apo. Un ouroboros scénaristique. L'action commence plusieurs années après le cataclysme. Manhattan est en ruine, en partie irradiée et partiellement sous les eaux. Des gangs violents occupent les restes des gratte-ciel. A l'extérieur une organisation militaire autoritaire, le JOCOM, se pose comme celle qui va reconstruire les USA. L'Afrique aurait été oubliée par la guerre atomique, ce qui, du point de vue stratégique comme du point de vue économique, n'est guère étonnant.
Zero, un très méchant et très fort tueur, avec un passé secret (mais qu'on découvrira vite) et un nom nul, se voit proposer une de ces offres qu'on ne peut refuser, de la part d'un représentant d'un gouvernement africain. Il doit aller dans le gratte-ciel où sévit le pire gang de la ville pour récupérer une mallette perdue par un hélicoptère en détresse. Or, dans son coeur d'enfant, vit le rêve de partir en coque de noix pour l'Afrique. Il va donc y aller, sauver puis aider une fille lesbienne (pourquoi, scénaristiquement, est-elle lesbienne ? peut-être pour permettre le twist le plus vain que j'ai vu depuis longtemps), se battre dans des duels qui sentent bon la testostérone en fusion, se retrouver face à son passé et le vaincre, sauver la mallette, et FIN.
Le récit se termine en eau de boudin radioactif, le versant uchronique n'est jamais utilisé, le post-apo guère plus (des zones sont irradiées mais on n'y va pas donc c'est comme si elles n'existaient pas, quand aux zones de combat, elles existent dans Neuromancien, par exemple, sans conflagration nucléaire préalable). Le JOCOM n'est envisagé qu'à travers des journaux (plutôt réussis) qu'il publie et qui décrivent le contexte, alors qu'il aurait été intéressant de le présenter et de développer (Nelson utilise par exemple, pour les noms des leaders du JOCOM, ceux des ministres de Bush). Le peu qu'on en comprend évoque immanquablement l'ambiance du jeu Fallout. Ce qu'on nous montre en revanche, c'est une resucée jaune pisse du très bourrin New York 1997.
Zero Killer, Arvid Nelson, Matt Camp, Dave Stewart



S'inscrit lamentablement dans deux challenges.

Commentaires

Pitivier a dit…
bravo, très fort. Deux challenges en une seule lecture... Je m'incline bien bas devant cette performance.

Bon, sinon, ca n'a pas l'air folichon ce comic. A éviter donc.
Gromovar a dit…
Ben oui. D'autant plus surprenant que j'aime vraiment bien le Rex Mundi du même Arvid Nelson. Comme quoi...
Guillaume44 a dit…
Au moins l'eau de boudin est radioactive ! Déjà ça.