The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça mérite  même  mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les ...

Macho stéroïdé



"Zero Killer", avec Arvid Nelson au stylo, avait l'air d'être précisément le genre de récit que j'aime. Uchronique et post-apo simultanément, il appartient à deux genres dont je suis très amateur, et, last but not least ;-) il me permettait de faire d'une pierre deux coups en se qualifiant à la fois pour le défi Winter Time Travel et le défi Fins du Monde. Sur ce coup, je me trouvais futé. Et bien, non.
Uchronie : Pas de bombe atomique sur les villes japonaises. Invasion terrestre, pertes énormes, partition Sud-Japon, Nord-Japon. Quelques autres évènements historiques bougent, puis la guerre froide s'échauffe jusqu'à culminer dans un conflit nucléaire qui tue 90% de l'humanité en 1973 : Post-apo. Un ouroboros scénaristique. L'action commence plusieurs années après le cataclysme. Manhattan est en ruine, en partie irradiée et partiellement sous les eaux. Des gangs violents occupent les restes des gratte-ciel. A l'extérieur une organisation militaire autoritaire, le JOCOM, se pose comme celle qui va reconstruire les USA. L'Afrique aurait été oubliée par la guerre atomique, ce qui, du point de vue stratégique comme du point de vue économique, n'est guère étonnant.
Zero, un très méchant et très fort tueur, avec un passé secret (mais qu'on découvrira vite) et un nom nul, se voit proposer une de ces offres qu'on ne peut refuser, de la part d'un représentant d'un gouvernement africain. Il doit aller dans le gratte-ciel où sévit le pire gang de la ville pour récupérer une mallette perdue par un hélicoptère en détresse. Or, dans son coeur d'enfant, vit le rêve de partir en coque de noix pour l'Afrique. Il va donc y aller, sauver puis aider une fille lesbienne (pourquoi, scénaristiquement, est-elle lesbienne ? peut-être pour permettre le twist le plus vain que j'ai vu depuis longtemps), se battre dans des duels qui sentent bon la testostérone en fusion, se retrouver face à son passé et le vaincre, sauver la mallette, et FIN.
Le récit se termine en eau de boudin radioactif, le versant uchronique n'est jamais utilisé, le post-apo guère plus (des zones sont irradiées mais on n'y va pas donc c'est comme si elles n'existaient pas, quand aux zones de combat, elles existent dans Neuromancien, par exemple, sans conflagration nucléaire préalable). Le JOCOM n'est envisagé qu'à travers des journaux (plutôt réussis) qu'il publie et qui décrivent le contexte, alors qu'il aurait été intéressant de le présenter et de développer (Nelson utilise par exemple, pour les noms des leaders du JOCOM, ceux des ministres de Bush). Le peu qu'on en comprend évoque immanquablement l'ambiance du jeu Fallout. Ce qu'on nous montre en revanche, c'est une resucée jaune pisse du très bourrin New York 1997.
Zero Killer, Arvid Nelson, Matt Camp, Dave Stewart



S'inscrit lamentablement dans deux challenges.

Commentaires

Pitivier a dit…
bravo, très fort. Deux challenges en une seule lecture... Je m'incline bien bas devant cette performance.

Bon, sinon, ca n'a pas l'air folichon ce comic. A éviter donc.
Gromovar a dit…
Ben oui. D'autant plus surprenant que j'aime vraiment bien le Rex Mundi du même Arvid Nelson. Comme quoi...
Guillaume44 a dit…
Au moins l'eau de boudin est radioactive ! Déjà ça.