Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Tricher n'est pas jouer


"Le casino perdu" est le roman qui constitue le gros morceau du recueil de Michel Pagel publié par Les Moutons Electriques.

Il y a bien longtemps, dans une galaxie très, très lointaine, un système solaire contenant quatre planètes habitables (du moins après terraformation). Chacune a été colonisée par une arche d'ensemencement d'origine différente :

Chelterre abrite des humains standards ; c'est une démocratie cacophonique, polluée, inégalitaire, menteuse et corrompue. Que du banal.

Barbarie est habitée par des aliens, les "Conquérants", au physique aussi gluant que répugnant et à l'activité sexuelle frénétique ; c'est une sorte de communauté autogérée géante à faire pâlir d'envie Longo Maï.

Céleste est peuplée de fanatiques religieux, adeptes semble-t-il d'un syncrétisme entre Christianisme et Islam ; c'est une théocratie manipulatrice et intransigeante.

Plommée sert de base aux descendants des militaires humains de la flotte ; organisée comme une armée, le grade y remplace la fortune comme critère de classement, et la soumission, l'obéissance, et l'honneur sont les valeurs centrales.

Avant l'arrivée des colons, ces quatre mondes étaient séparés par un étrange phénomène temporel, l'Achronie, dont la conséquence actuelle est qu'il est maintenant impossible d'aller de l'un à l'autre sans en mourir. Les quatre peuples, qui se haïssent, sont coincés sur leur monde d'accueil. Aussi quand apparaissent les Portes qui permettent de se téléporter aléatoirement sur l'un des trois autres mondes, une guerre commence qui ne peut avoir de fin (seul problème, passer une Porte fait vieillir ou rajeunir suivant le sens dans lequel on la passe). Pour y mettre un terme, les quatre peuples s'entendent sur un Accord. Quatre champions seront désignés et, comme dans Highlander, il ne pourra en rester qu'un. Celui-ci emportera la victoire, et la suprématie pour les siens. Le roman raconte cette lutte.

De dirigeants menteurs en conspirateurs cachés, de jolies espionnes en fanatiques religieux, et de secrets de famille en déroutants aliens, "Le casino perdu" est un planet opera très agréable à lire. Michel Pagel a réussi à truffer son roman de surprises, de rebondissements, de faux-semblants qui tiennent le lecteur en alerte permanente. Drôle, intelligent, rythmé et jubilatoire, "Le casino perdu" amène sans cesse le lecteur là où il ne s'attend pas à aller, sonde subtilement les limites de la vérité et les méandres de la raison d'Etat. Il convie à un voyage sur quatre mondes typés (même s'ils sont peu développés) où tricherie et trahison sont omniprésentes. Et s'il est aussi noir sur les institutions que Orages en terre de France, il est en revanche beaucoup plus optimiste sur la capacité des individus à se surpasser et à faire le bien.
Proche de Pierre Bordage par les thèmes humanistes véhiculés et le caractère profondément non Hard-SF du récit, Pagel y met moins de pathos, et livre, de ce fait, un roman plus léger sans être moins profond.

Le casino perdu, Michel Pagel

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Cela m'intéresse pas mal...
Gromovar a dit…
C'est vraiment un livre plaisant.