Elder Race - Adrian Tchaikovsky

" Elder Race " est un court roman du très prolifique Adrian Tchaikovsky. C'est un texte qui touche à deux genres. Explications. Lynesse est la quatrième fille de la reine de Lannesite, un petit royaume dans un monde qui n'a guère dépassé un niveau technologique médiéval. Pensez, on y croit même à la magie, aux magiciens, aux démons. C'est dire... Quatrième de sa fratrie, le poids politique de Lynesse est quasi-nul, d'autant que sa crédibilité propre ne vaut guère mieux. Considérée comme indocile et foldingue, Lynesse est la déception constante d'une mère qui ne lui demandait pourtant pas beaucoup plus que d'exister sans déshonorer sa lignée. Mais Lynesse est aussi la descendante d'Astresse, cette reine de Lannesite qui convainquit le sorcier Nyrgoth de venir à l'aide du royaume quand un démon le menaçait. Et cette ascendance échauffe le sang de la jeune fille qui se rêve en nouvelle Astresse, héroïne admirée de tous et sauveuse effective du roy

Tricher n'est pas jouer


"Le casino perdu" est le roman qui constitue le gros morceau du recueil de Michel Pagel publié par Les Moutons Electriques.

Il y a bien longtemps, dans une galaxie très, très lointaine, un système solaire contenant quatre planètes habitables (du moins après terraformation). Chacune a été colonisée par une arche d'ensemencement d'origine différente :

Chelterre abrite des humains standards ; c'est une démocratie cacophonique, polluée, inégalitaire, menteuse et corrompue. Que du banal.

Barbarie est habitée par des aliens, les "Conquérants", au physique aussi gluant que répugnant et à l'activité sexuelle frénétique ; c'est une sorte de communauté autogérée géante à faire pâlir d'envie Longo Maï.

Céleste est peuplée de fanatiques religieux, adeptes semble-t-il d'un syncrétisme entre Christianisme et Islam ; c'est une théocratie manipulatrice et intransigeante.

Plommée sert de base aux descendants des militaires humains de la flotte ; organisée comme une armée, le grade y remplace la fortune comme critère de classement, et la soumission, l'obéissance, et l'honneur sont les valeurs centrales.

Avant l'arrivée des colons, ces quatre mondes étaient séparés par un étrange phénomène temporel, l'Achronie, dont la conséquence actuelle est qu'il est maintenant impossible d'aller de l'un à l'autre sans en mourir. Les quatre peuples, qui se haïssent, sont coincés sur leur monde d'accueil. Aussi quand apparaissent les Portes qui permettent de se téléporter aléatoirement sur l'un des trois autres mondes, une guerre commence qui ne peut avoir de fin (seul problème, passer une Porte fait vieillir ou rajeunir suivant le sens dans lequel on la passe). Pour y mettre un terme, les quatre peuples s'entendent sur un Accord. Quatre champions seront désignés et, comme dans Highlander, il ne pourra en rester qu'un. Celui-ci emportera la victoire, et la suprématie pour les siens. Le roman raconte cette lutte.

De dirigeants menteurs en conspirateurs cachés, de jolies espionnes en fanatiques religieux, et de secrets de famille en déroutants aliens, "Le casino perdu" est un planet opera très agréable à lire. Michel Pagel a réussi à truffer son roman de surprises, de rebondissements, de faux-semblants qui tiennent le lecteur en alerte permanente. Drôle, intelligent, rythmé et jubilatoire, "Le casino perdu" amène sans cesse le lecteur là où il ne s'attend pas à aller, sonde subtilement les limites de la vérité et les méandres de la raison d'Etat. Il convie à un voyage sur quatre mondes typés (même s'ils sont peu développés) où tricherie et trahison sont omniprésentes. Et s'il est aussi noir sur les institutions que Orages en terre de France, il est en revanche beaucoup plus optimiste sur la capacité des individus à se surpasser et à faire le bien.
Proche de Pierre Bordage par les thèmes humanistes véhiculés et le caractère profondément non Hard-SF du récit, Pagel y met moins de pathos, et livre, de ce fait, un roman plus léger sans être moins profond.

Le casino perdu, Michel Pagel

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Cela m'intéresse pas mal...
Gromovar a dit…
C'est vraiment un livre plaisant.