Le Molosse - Tanabe d'après Lovecraft

Sortie du neuvième volume des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe. " Le Molosse " est le premier recueil réalisé par le mangaka japonais, il réunit trois nouvelles : Le Temple , écrite en 1920, Le Molosse , écrite en 1922, et La Cité sans nom , écrite en 1921. Le Temple est le plus longue et la plus réussie imho. Dans les coursives d'un U-boat allemand en perdition durant la première guerre mondiale, on plonge vers une cité engloutie alors que la folie gagne peu à peu tout l'équipage. Dure, claustrophobique, Le Temple , dans une ambiance éprouvante à la Das Boot , met l'homme face à des terreurs et des anciennetés sans nom. Un très bon récit joliment adapté. Le Molosse est plus (trop) classique. Deux amis occultistes, l'un des deux est le narrateur, première mention lovecraftienne du Nécronomicon , créature hostile invoquée involontairement par une amulette magique, on est ici dans du trop classique, encore trop proche de l'horreur traditionnelle en

Un très bon téléfilm


Après Munin il y a quelques mois, et Hugin hier (les grands esprits se rencontrent), je viens de terminer "Warbreaker". Et je suis impressionnné de voir à quel point tout ce que j'écrivais sur Elantris, son premier roman, s'applique aussi à son dernier.
Mêmes défauts : une écriture et un vocabulaire trop contemporains, des retournements de situation en cascade, des situations parfois un peu molièresques.
Mais les mêmes qualités sont là aussi : un système de magie intéressant et utile au déroulement de l'histoire, beaucoup de dialogues enlevés (comme dirait Claude Ecken), un focus sur la connaissance qui apporte la réussite, des personnages originaux (notamment le Dieu Roi, ainsi que le Dieu qui ne croit pas à sa propre divinité), des trahisons, des batailles, un peu de géopolitique, et un système théocratique inquiétant.

Hugin et Munin ayant beaucoup écrit tous les deux sur ce livre, et mon post sur Elantris pouvant être repris presque intégralement, je ne vais pas m'étendre trop longuement ici. Qu'on sache seulement que, sans être en désaccord avec aucun des deux, mon opinion est plus proche de celle de Munin. Je trouve que "Warbreaker" est un roman d'aventure, certes imparfait mais intelligent et enlevé, qui ferait un très bon téléfilm et qui est me semble-t-il largement au niveau des films de cape et d'épées qui ont bercé notre enfance.
Warbreaker, Brandon Sanderson

Commentaires

Cédric Ferrand a dit…
La gratuité du roman a-t-elle eu une influence sur ton ressenti ?
Je veux dire par-là que tu compares le roman à un bon téléfilm. C'est agréable, les téléfilms, on ne paye pas pour les voir (enfin si, la redevance ou l'abonnement au câble, mais c'est une autre histoire). Mais si tu avais loué ce film ou payé son DVD, aurais-tu été plus exigeant ?
Gromovar a dit…
Peut-être mais je ne crois pas car j'avais payé Elantris qui m'avait fait aussi une impression d'ensemble favorable. Pas un chef d'oeuvre mais un bon truc bien mené et distrayant. Ilme semble que si on fait un bilan (ce que je fais rarement en lisant un livre) le positif domine.
Néanmoins je suis d'accord avec toi sur la fin un peu rapide de Warbreaker. Et je n'avais pas aimé Mistborn.

Sanderson me fait un effet très bizarre. Je me dis que je ne devrais pas aimer mais en fait j'aime bien, comme quand tu regardes une série télé pas fameuse mais qui te plait. J'avais complètement ressenti ça en lisant Elantris déjà.
Cédric Ferrand a dit…
C'est donc un plaisir coupable, Sanderson s'adresse non pas à notre cerveau réptilien mais à quelque chose d'encore plus primaire : notre cerveau de rôliste.
Et je dois avouer qu'à ce petit jeu, je préfère un barril de Sanderson que trois barrils de R.A. Salvatore.

Je suis un peu coincé car Philippe me dit d'éviter Elantris et de lire le premier Mistborn alors que tu dis le contraire. En temps, je suis tellement frustré de la fin de Warbreaker que je ne vais pas non plus me précipiter sur un autre de ses bouquins. Mais à l'occasion, je pourrais me laisser tenter. Faute de grives...