Batman Second Knight - Jurgens - Perkins

Quelques mots pour signaler la sortie de Batman Second Knight chez Urban Black Label. Nous sommes en 1940, dans l’univers alternatif imaginé par Dan Jurgens et Mike Perkins. Après avoir vaincu des monstres morts-vivants dans l’opus précédent , Batman est confronté à deux redoutables adversaires. D’abord, celui qu’on nommera le Bourreau commence une campagne de terreur qui lui fait assassiner de manière atroce et très graphique des civils innocents (dans une ville où, habituellement, les morts sont des mafieux, des policiers ou des politiciens corrompus) . La peur se répand vite sur la ville car si des braves gens, et même de bons samaritains en l’occurrence, sont enlevés au hasard puis exécutés de sordide manière, alors nul n’est à l’abri. Le commerce se ressent rapidement de l’inquiétude grandissante car plus personne n’ose sortir seul ou tard ; même les prostituées perdent leurs clients, ce qui ne fait guère les affaires de Moxie, le proxénète indic de Batman déjà vu dans l’épisode ...

Salem on Avon


J'avais beaucoup aimé le diptyque Le dieu des cendres, orchestré entre autres par le duo Legendre / Aja. Ils remontent le temps dans ce nouveau cycle baptisé "Crawford, chasseur de sorcière".
On trouve dans ce premier tome, "Barghest", du nom d'un chien démoniaque, le même mélange convaincant de faits historiques et de fantastique. Un demi-siècle environ avant la dictature de Cromwell qui était le cadre du "Dieu des cendres", Legendre met en scène le règne tourmenté de Charles Ier d'Angleterre, considéré comme un tyran, et qui sera décapité à l'issue de la première guerre civile anglaise, celle-là même qui amène Cromwell au pouvoir. Charles Ier se heurta violemment au Parlement sur des questions fiscales, tenta d'instaurer une monarchie absolue, s'oppose aux puritains qui sont les calvinistes les plus intransigeants, tenta un rapprochement avec l'église catholique, et perdit l'Irlande. Trop pour un seul roi d'Angleterre.
Dans ce contexte agité, Crawford, un chasseur de sorcière cynique et brutal, prospère. Au service des puritains il détruit, autant que faire se peut, les monastères catholiques. L'arrivée, dans son équipe de bouchers, d'un jeune idéaliste sera sa fin.
Mâtiné de légendes irlandaises, lorgnant vers une forme archaïque de cyberpunk, ramenant à la vie une nouvelle page de l'histoire anglaise, Legendre fournit un ouvrage complexe et détaillé, aux nombreux rebondissements. Les graphismes d'Aja ont, comme dans "Le dieu des cendres", un style à mi-chemin entre le réaliste et le cartoonesque. On aime ou pas, moi j'aime. Un bien agréable album pour ceux qui aiment les BD dans lesquelles il y a beaucoup de texte.
Crawford, t1 Barghest, Legendre, Aja, Lacroix

Commentaires

Efelle a dit…
Pas fan du trait.
Gromovar a dit…
Je conçois aisément que ça puisse déplaire.
Guillmot a dit…
Une époque joyeuse et charmante. Par contre je suis un peu moins branché sur les albums Soleil en ce moment, je reconnais qu'on y trouve aussi quelques bons trucs.
Eric a dit…
La description donne envi de lire la BD.
Gromovar a dit…
Attention quand même. La série n'a pas été poursuivie.