Green City Wars - Adrian Tchaikovsky

Futur peut-être pas si lointain. Le désastre environnemental en cours a continué. En réaction, des firmes construisirent quelques Cités Vertes (Green Cities) , à savoir de grandes villes autonomes, environnementalement neutres, autosuffisantes en énergie et en nourriture (grâce à leurs fermes extérieures liées) . Neuwien est l’une de celles-ci, et c’est dans ses murs que se déroule l’action de Green City Wars . Pour comprendre le monde imaginé par Adrian Tchaikovsky, il faut savoir que les Villes vertes (et singulièrement Neuwien) ne sont pas juste des cités écoresponsables. Elles sont aussi des lieux d’où a été rendu invisible tout le travail de service qui permet à une ville de fonctionner et à ses habitants de vivre une vie agréable consacrée à des activités à forte valeur ajoutée. Une ville sans prolétariat donc, peuplée seulement de CSP+ vaquant à leurs occupations intellectuelles. Problème : ce prolétariat que les CSP+ ne veulent pas voir (comme en Grande-Bretagne au XIXe siècle...

Bien mal acquis...


Après le succès public de la série des 7, Delcourt remet le couvert avec une série en 6 albums publiés sur l'année 2010. Chaque volume de la série "Le casse" racontera, comme son nom l'indique, un casse (quoique, dès le second volume c'est d'un enlèvement dont il sera question, ce qui signale que le mot "casse" est entendu très extensivement). Scénaristes et dessinateurs changeront à chaque fois, ce qui permet d'avoir une sortie rapide mais donne des albums de qualité inégale (à ne pas acheter les yeux fermés donc).
Le premier volume ,"Diamonds", est scénarisé par le grand Christophe Bec, dessiné par Dylan Teague, et colorisé par Christophe Araldi et Xavier Basset. Situé dans les mines de diamant de Sibérie, il place le lecteur au coeur d'une machination visant à dérober une cargaison de diamants. Classique, mais de bonne facture, le scénario de Bec insiste sur la dureté de ces lieux perdus, loin du regard des dieux, et des hommes qui y vivent. La longueur de l'ouvrage (64 planches) lui permet de donner un background à ses personnages et de développer une petite intrigue annexe, ce qui est rarement le cas dans la BD. De ce fait, les personnages principaux font vrai. L'emploi de textes assez abondants permet aussi à Bec de donner au lecteur quelques informations utiles sur la réalité sibérienne et son histoire tragique. Enfin, l'album se conclut par un twist désespérément ironique.
Les dessins, proche du photo-réalisme sans en être vraiment, sont de bonne qualité, et ils sont servis par une superbe colorisation qui donne à voir le brouillard, les contrastes entre la nuit sibérienne et l'éclairage artificiel des humains, la blancheur éblouissante de la neige. Les graphismes évoquent immédiatement une ambiance à la Bec. D'ailleurs, ce qui est étonnant dans les albums de Bec, c'est que même lorsqu'il ne dessine pas, on dirait qu'il le fait. Il doit martyriser ses dessinateurs pour avoir ce qu'il veut, par exemple ici ou .
A noter qu'il publie tellement en ce moment, et à un tel niveau de qualité, qu'il est en train de devenir le nouveau Corbeyran, ce qui sous ma plume n'est pas le moindre des compliments.
Ce premier volume ouvre donc avec bonheur la série "Le casse".
Le casse, t1, Diamonds, Bec, Teague, Araldy, Basset

Commentaires

Efelle a dit…
Et pour terminer, je me prends aussi celui ci. Tu admirera ma mémoire et mon esprit de suite qui m'ont permis de retrouver tes chroniques.

Mouaaaaahahaah !