Gotham Central t4 - Brubaker - Rucka et al.

Quelques derniers mots pour signaler la sortie du tome 4 conclusif de la série Gotham Central . J'ai déjà dit tout le bien qu'on pouvait penser de la série . C’est absolument excellent, l’un des meilleurs comics policiers qu’on puisse lire, avec un Batman presque absent, ombre tutélaire qui protège la ville, surtout contre elle-même, et des policiers profondément humains qui tentent d’accomplir leur mission au milieu de la corruption et des destructions périodiques occasionnées par les guerres des super-héros. A Gotham, il faut encore plus de courage que dans le reste du monde pour sortir dans les rues avec un badge. Dans ce dernier numéro, on trouve réunies quatre histoires (+ en petit bonus la suite et fin des aventures de Josie McDonald avant son affectation à Gotham Central) . Loi naturelle montre la ville du point de vue d’un de ses innombrables flics ripous, devenu ici meurtrier. En voix off, il raconte sa misérable vie quotidienne, son manque d’empathie et son absence t...

Easy rider


Court, imprimé avec un jeu de caractère pour myopes profonds, l'ouvrage, publié par la valeureuse petite maison Tristram, étonne. "Sauvagerie" est plus une novella qu'un roman, et plus un pamphlet romancé qu'une novella. Mais quel pamphlet.
Pangbourne, 1988. Dans une résidence fermée et protégée pour cadres sup comme il en existait peu quand le livre a été écrit et de plus en plus aujourd'hui, tous les adultes sont assassinés et tous les enfants enlevés. Un psychiatre mandaté par le ministère de l'Intérieur enquète et livre ses conclusions.
Ecrit sous forme de carnets de notes (j'adore), "Sauvagerie" décrit de manière clinique les effets pervers d'une société de contrôle et de bonheur obligatoire. Il montre que la contrainte douce n'en est pas moins une contrainte, et que l'obligation de jouir reste une obligation. Il montre aussi comment la déshumanisation est le résultat de nombre de traits des modes de vie modernes et comment les techniques nouvelles de surveillance accroissent le contrôle social (il n'y a pas d'adultère à Pangbourne) sans accroitre la sécurité face à un groupe déterminé. Après l'adoption du "patriot act" aux USA, relire "Sauvagerie" est certainement utile à la réflexion.
A la lecture du "roman" beaucoup de lectures antérieures reviennent en mémoire. On pense à "Tous à Zanzibar" de Brunner et à sa notion de "claquage psychique", au "Meilleur des mondes" d'Huxley, à "I.G.H." du même Ballard avec sa société fonctionnelle d'enfermement obligé, évidemment au "Bonheur insoutenable" d'Ira Levin auquel notre société ressemble de plus en plus, à quantité d'autres encore (pour les veinards qui ont eu la chance de lire "Mortelle" de Christopher Franck, on y trouvait déjà ce bonheur obligatoire par l'interaction permanente et la transparence imposée, comme chez Huxley mais de manière bien plus agressive).
"Sauvagerie" est donc un "roman" indispensable au rayon "utopie totalitaire" de toute bonne bibliothèque.
Sauvagerie, J.G. Ballard

Commentaires

Munin a dit…
Cool. J'aime beaucoup les dystopies, c'est une suggestion de lecture que je note soigneusement.
Gromovar a dit…
Ne réserve pas plus qu'une soirée ;-)
A propos de dystopies as-tu lu les 2 recueils Dystopia de Richard Christian Matheson (le fils de l'autre) ? Il y a quelques nouvelles bien torchées dedans.
Anonyme a dit…
Un jour je lirai du Ballard.
Gromovar a dit…
Au moins pour voir.
Anonyme a dit…
@ efelle : ET PLUS VITE QUE CA ! ;)