Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Easy rider


Court, imprimé avec un jeu de caractère pour myopes profonds, l'ouvrage, publié par la valeureuse petite maison Tristram, étonne. "Sauvagerie" est plus une novella qu'un roman, et plus un pamphlet romancé qu'une novella. Mais quel pamphlet.
Pangbourne, 1988. Dans une résidence fermée et protégée pour cadres sup comme il en existait peu quand le livre a été écrit et de plus en plus aujourd'hui, tous les adultes sont assassinés et tous les enfants enlevés. Un psychiatre mandaté par le ministère de l'Intérieur enquète et livre ses conclusions.
Ecrit sous forme de carnets de notes (j'adore), "Sauvagerie" décrit de manière clinique les effets pervers d'une société de contrôle et de bonheur obligatoire. Il montre que la contrainte douce n'en est pas moins une contrainte, et que l'obligation de jouir reste une obligation. Il montre aussi comment la déshumanisation est le résultat de nombre de traits des modes de vie modernes et comment les techniques nouvelles de surveillance accroissent le contrôle social (il n'y a pas d'adultère à Pangbourne) sans accroitre la sécurité face à un groupe déterminé. Après l'adoption du "patriot act" aux USA, relire "Sauvagerie" est certainement utile à la réflexion.
A la lecture du "roman" beaucoup de lectures antérieures reviennent en mémoire. On pense à "Tous à Zanzibar" de Brunner et à sa notion de "claquage psychique", au "Meilleur des mondes" d'Huxley, à "I.G.H." du même Ballard avec sa société fonctionnelle d'enfermement obligé, évidemment au "Bonheur insoutenable" d'Ira Levin auquel notre société ressemble de plus en plus, à quantité d'autres encore (pour les veinards qui ont eu la chance de lire "Mortelle" de Christopher Franck, on y trouvait déjà ce bonheur obligatoire par l'interaction permanente et la transparence imposée, comme chez Huxley mais de manière bien plus agressive).
"Sauvagerie" est donc un "roman" indispensable au rayon "utopie totalitaire" de toute bonne bibliothèque.
Sauvagerie, J.G. Ballard

Commentaires

Munin a dit…
Cool. J'aime beaucoup les dystopies, c'est une suggestion de lecture que je note soigneusement.
Gromovar a dit…
Ne réserve pas plus qu'une soirée ;-)
A propos de dystopies as-tu lu les 2 recueils Dystopia de Richard Christian Matheson (le fils de l'autre) ? Il y a quelques nouvelles bien torchées dedans.
Anonyme a dit…
Un jour je lirai du Ballard.
Gromovar a dit…
Au moins pour voir.
Anonyme a dit…
@ efelle : ET PLUS VITE QUE CA ! ;)