Alastor de Sombregarde 1 - Dobbs - Morinière

Un champ de bataille enfin apaisé. Des corps à perte de vue. Les armées du Mal ont été vaincues. Les paladins du Bien et leurs alliés elfes viennent achever les blessés et neutraliser les cadavres enmagiqués. Au milieu du carnage, un nécromancien gobelin nommé Guulghar a survécu par pure chance. Discrètement, il s’extrait de la masse des macchabées moins chanceux que lui, récupère son bâton (qui porte le crâne animé de son frère Huulghar) , et parvient à ranimer un chevalier de la mort, Alastor de Sombregarde, que des mages elfes s’apprêtaient à bannir définitivement. Les deux (trois) , peut-être uniques « survivants » de la Sombre Garde, partent de conserve vers les terres du chevalier pour y retrouver l’épouse du paladin déchu. Une longue et lente chevauchée qui les amène à traverser maints territoires et à vivre maintes aventures. Disons-le tout de suite : dès sa splendide couverture, cet album est en tous points magnifique. La présentation éditeur évoque Don Quichotte...

Fantôme affamé


"Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants" est un roman vraiment charmant d'une jeune auteur chinoise, Xiaolu Guo. Sous une couverture assez ratée on tombe sur le carnet intime d'une étudiante chinoise, débarquée à Londres pour se perfectionner en anglais. Elle va y rencontrer le sexe, l'amour, et l'Occident. Centré sur les deux préoccupations principales de la jeune Z, l'acquisition de l'anglais, et le développement de sa relation amoureuse, le carnet décrit, mois par mois, et dans une langue très improbable, les découvertes et les émerveillements d'une jeune fille sortie du fond de sa campagne qui apprend à connaitre dans le même mouvement l'altérité radicale d'un Occident où tout est si différent jusqu'au niveau le plus fondamental, et sa propre personne par le biais de la libération d'un corps corseté par la tradition chinoise et la pruderie maoïste.
Joliment écrit dans un anglais (français) de cuisine, "Petit dictionnaire" est souvent drôle et toujours émouvant. Il décrit avec talent la solitude et la peur d'une étrangère en terre étrangère ;-) Il montre comment la pauvreté du vocabulaire et de la syntaxe biaise la communication en donnant à croire que l'étranger a des pensées simples dans la mesure où il ne les exprime que simplement. Il met en évidence les effets de l'acculturation, dont tous ne sont pas positifs (ou négatifs, choisissez). Il prouve enfin qu'on peut être étranger dans son propre pays, comme à sa propre vie.
Quelquefois je ne lis pas de fantastique. "Petit dictionnaire" est stricto sensu une oeuvre réaliste, mais rendue tellement étrange par le décalage culturel qu'elle pourrait être qualifiée comme telle sans que ce soit honteux. L'honneur est sauf :-)
Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants, Xiaolu Guo

Commentaires

aha changement intempestif de pseudo

j'avais eu de très bons echos de "Vingt Fragments d'une Jeunesse Dissolue" il me semble que c'est le même auteur.
Gromovar a dit…
J'aime beaucoup la photo en tout cas.
C'est la même auteur. Vous me direz si c'est bien, je ne lis pas plus d'une chinoiserie par trimestre ;-)