Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Béotien que je suis


Lucius Shepard est un auteur dont je n'avais jamais rien lu. Grave erreur.
Le recueil de nouvelles "Aztechs" est un gros morceau de littérature, au sens le plus plein du terme. Et Lucius Shepard est vraiment quelqu'un qui sait écrire. Son style trouve un parfait équilibre entre le trop écrit et le pas assez (comprenne qui pourra ;-)
Chaque récit du recueil est situé dans un cadre fondamentalement étranger sans jamais tomber dans l'exotisme, magnifiquement décrit par l'entremise d'une profusion d'images évocatrices. Et cet étranger est pesant. C'est un étranger gras, moite, qui sent sous les bras. Les mondes de Lucius Shepard ne sont pas proprets, ils ne sentent pas la rose. D'un Mexique futuriste nimbé de rouge, à une Afrique assise à cheval entre tradition et modernité, et rendue presque lovecraftienne, en passant par un Moscou interlope qui évoque l'ambiance du film "Exotica" d'Atom Egoyan, le voyage est long, beau, dépaysant. Et même dans la très prosaïque New-York de l'après 11 septembre, il sait amener le mystère, dans une nouvelle profondément émouvante. Dans les histoires de Shepard, les destins importent. Il décrit à merveille les sentiments et leur confrontation ; il pose la question religieuse dans presque chaque texte d'une manière subtile et intelligente ; il montre comment la raison bascule facilement dans la folie suprême qui est de ne plus discerner le réel de l'illusion, comment la guerre rend fou (souvenez-vous du GI au fusil lance-grenades qui écoute Jimmy Hendrix dans Apocalypse Now).
Les nouvelles de Shepard oppressent, les nouvelles de Shepard dépaysent absolument, voila pourquoi il faut les lire. Foncez ! Foncez ! Foncez !
Aztechs, Lucius Shepard

Commentaires

Anonyme a dit…
C'est dans la pile mais là je patine un peu sur Hal Duncan...
Je prendrai donc ma dose de Shepard après Velum et le recueil de Gudule qui me fait de l'oeil depuis quelques chroniques ici et là...
Gromovar a dit…
J'ai vraiment aimé. A tel point que je vais en chercher quelques autres en occase (apparemment plus grand chose n'est dispo en neuf).
Dans le recueil j'ai particulièrement aimé : Aztechs, La présence, Ariel, Le rocher aux crocodiles, donc presque tout.
Anonyme a dit…
Je te conseille Louisiana Breakdown.
Anonyme a dit…
Je tombe sur ce blog totalement par hasard et ça fait plaisir de voir qu'on n'a pas bossé pour rien !
JD Brèque, traducteur d'AZTECHS
PS : on espère faire un autre recueil l'an prochain au Bélial. En attendant, il y a eu une novella dans un récent BIFROST. L'AUBE ECARLATE est toujours disponible en FolioSF.
Et, pour les anglophones, le blog que Lucius partage avec des écrivains potes à lui :
http://community.livejournal.com/theinferior4
Anonyme a dit…
Aaaaaaah !

Tout cela est bel et bon.

Un nouveau recueil, en plus ?

Joie ! Joie !
Gromovar a dit…
Bravo pour la traduction.
La lecture de ce recueil est un vrai moment de plaisir.
Anonyme a dit…
ah oui, très très bon recueil... il y a également thanatopolis, qui s'est révélé une très bonne surprise.
Gromovar a dit…
Faut définitivement que j'aille faire un tour chez les bouquinistes.