Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

I have a dream


Au milieu du XIXème siècle, sur le Mississipi, un homme étrange propose à un vieux capitaine d'investir avec lui dans un nouveau vapeur, superbe et surpuissant. Ce qui commençait comme un rêve se transformera rapidement en cauchemar.
Sur une trame classique qui n'est pas sans rappeler l'immense "Entretien avec un vampire" d'Ann Rice, George R R Martin offre un texte magnifique, finement ciselé et intelligemment pensé. La différence réside dans la tradition à laquelle ces romans se rattachent. "Entretien avec un vampire" est imprégné de romantisme et n'a rien à envier aux plus grandes oeuvres gothiques ; "Riverdream" est un texte profondément humaniste. Nanti d'un couple, à priori improbable, de héros, il montre comment l'écoute mutuelle amène à la compréhension réciproque. Il montre comment des rêves communs peuvent être vécus malgré les différences culturelles. Il montre qu'aucun groupe, social ou racial, n'est jamais monolithique. Il montre comment il est plus facile de faire la guerre que la paix. Il montre combien il est difficile de se décentrer de sa propre culture (c'était l'un des sujets du bac philo cette année : Est-il plus facile de se connaitre soi-même que de connaitre les autres ?) et de lui appliquer une critique rationnelle ; il montre aussi que c'est possible. Riverdream est un livre politique caché sous une couverture fantastique, un livre sur le choix. Rien d'étonnant alors à ce qu'il se passe en pays esclavagiste, peu après les guerres indiennes.
Riverdream est un roman, écrit en 1983, fait pour nos temps obamesques. Mais Riverdream est aussi un vrai roman d'aventure, et une ôde à la beauté poétique qui peut toucher même des hommes frustes. Riverdream est aussi un roman crépusculaire qui décrit la fin d'une époque, de deux en fait. Riverdream est alors un roman triste et nostalgique, profondément émouvant. Riverdream est un roman que vous devez lire.
L'anaphore que je viens de filer a pour bût de convaincre en assénant.
Riverdream, Georges R R Martin

L'avis d'Arutha

L'avis de Tigger Lilly

L'avis d'Efelle

Commentaires

Tigger Lilly a dit…
J'aime beaucoup ton analyse du bouquin.
Gromovar a dit…
Merci, mademoiselle :-)
Efelle a dit…
Je l'ai littéralement dévoré, plus qu'une poignée de pages à lire.
Un excellent moment et sans doute un de mes incontournables de l'année.
Je reviens dessus ce soir.