Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

TDT


Pour ceux qui perplexes, ont été refroidis par Diaspora (roman à la froide beauté minérale) mais enthousiasmés par Radieux ou Axiomatique, et qui sont dans tous les cas surpris par la puissance conceptuelle de la prose Greg Egan, l'Enigme de l'Univers devrait vous donner une vision plus complète de son oeuvre. Evidemment si je dois vous dire que le personnage central est un journaliste scientifique devant faire un reportage sur une conférence internationale portant sur la théorie du Tout (TDT pour les intimes), vous n'allez pas frétiller d'impatience. Mais l'erreur est humaine et Egan arrive à rendre cela passionant sans trop partir dans des circonvolutions mathématiques extrêmes. Enfin juste ce qu'il faut pour que ce soit un bon Egan bien sûr. Le reportage soporifique sur une île ressemblant à un vaste Club Med anar, tourne rapidement en une fusion de roman métaphysique et de techno-espionnage. Perle de récif sur le gâteau, ce qui aurait donc dû être "OSS 117 contre l'Alchimiste" devient le roman le plus humain que j'ai pu lire depuis un certain nombre de mois.

Comme d'habitude avec Egan l'histoire nous plonge dans un univers délicieusement anticipé. Un univers post-Gibsonien : techniquement cohérent, inédit dans ses modalités, mais familier dans sa socio-politique. Et pour le coup ce roman est un résumé de tous les parcours initiatiques. Avec les tribulations d'un anti-héros archétypique qui navigue de désillusion en désillusion (jusque dans son histoire d'amour avec un asexe) nous profitons d'un vrai grand plaisir de lecteur de SF. D'ailleurs je ne mens pas sur ce dernier point, puisque avec une île coralienne artificielle, des techno-sectes millénaristes, de belles théories sur la structure intime de l'univers, des assassins armés de virus artificiels, des maneuvres médiatiques dans un réseau global, des robots militaires invisibles... votre quota de plaisir geekesque sera parfaitement assouvi !

NB. Totalement inutile pour apprécier le roman, mais indispensable pour l'honnête homme : jetez un oeil sur la polémique d'actualité concernant la nouvelle théorie "exceptionnellement simple" du Tout.

L'Enigme de l'Univers, Greg Egan

Commentaires

Gromovar a dit…
C'est alléchant. Il va falloir que je m'y mette rapidement.