No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Golgoth rulez


Pour importateurs de comics.
"Empire" est une série du grand Mark Waid qui a connu une carrière mouvementée, non seulement aux USA, mais aussi ironiquement dans sa version française. Commencée chez l'éditeur indépendant Gorilla la série est arrêtée pendant quelques années à mi-parcours, puis republiée dans une version terminée par DC Comics. En France, la moitié de la série a été publiée en un volume en Semic Books et, naturellement, la fin de Semic, malgré une reprise partielle par Panini, a empéché la publication de la deuxième moitié. D'où l'impérieuse nécessité de se procurer une version US si on veut profiter de ce moment de pur bonheur en entier.
"Empire" est (peut-être) le seul comic qui décrit un monde où le super-vilain a gagné. "Empire" décrit la vie d'un dictateur impitoyable qui marche vers la domination mondiale en réduisant les dernières poches de résistance, le rêve du Doc Fatalis. Le comic est très excitant a lire. Les personnages sont beaux, la violence explose dans les planches, les scènes de torture (un dictateur a besoin de services de renseignements efficaces) ou de sexe sont traitées de manière adulte, sans les limitations d'une classification "jeunes". Mais c'est surtout le scénario qui fait la qualité de ce comic. "Empire" montre la solitude du pouvoir dictatorial. On a presque de la sympathie pour Golgoth, maitre du monde entouré de ministres sur lesquels il a tout pouvoir mais qui complotent contre lui, obligé d'éliminer des personnes qu'il aime pour renforcer son contrôle, incapable d'arrêter l'expansion de son empire et de jouir du pouvoir qu'il a conquis. "Empire" décrit le fonctionnement d'une cour maléfique - les interactions d'un groupe de Chaotic Evil pour les amateurs de ADD - et valide la croyance qui dit : "There's no honor among thieves". "Empire" a lieu dans un monde où le débarquement en Normandie a échoué. "Empire" est sombre et désespéré, il n'y a pas de Deux ex machina.
Empire, Waid, Kitson, Pascoe

L'avis d'Efelle

Commentaires

Unknown a dit…
"Wanted" décrit aussi un monde où les méchants auraient gagné.

J'avais hésité à acheter Empire au moment de la sortie chez Semic, je vais de ce pas activer mes réseaux pour me le procurer.
Gromovar a dit…
Je vais voir Wanted.
Anonyme a dit…
Je franchis le pas aussi au vu de ta chronique...
Gromovar a dit…
Je crois que tu ne seras pas déçu.
Anonyme a dit…
Amazon a livré rapidement (coup de bol c'était le dernier en stock) et je l'ai dévoré.
Dur, cynique, sans espoir et excellent en effet. Un excellent drame, dommage que les motivations des alliés de Greenland ne soit pas très claires.