De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Brave new world

Ca me rappelle de manière irrésistible un dialogue entre Bernard Marx et Lénina dans "Le meilleur des mondes" (ce qui prouve que Vian avait raison lorsqu'il écrivait "Cette histoire est vraie puisque je l'ai inventée") :


LONDRES (Reuters) - Un crématorium des environs de Manchester, dans le nord de l'Angleterre, envisage d'utiliser la chaleur de ses fourneaux pour éclairer et chauffer la chapelle accueillant les proches des défunts.

L'initiative, étudiée par le conseil régional de Tameside, vise à recycler la chaleur dégagée dans les fourneaux de son crématorium de Dukinfield et s'inscrit dans le cadre de la lutte pour réduire les émissions de gaz carbonique dans l'atmosphère.

L'idée retenue est d'envoyer les gaz dégagés par la crémation des corps dans des pompes à chaleur, qui chaufferont l'eau des radiateurs de la chapelle. Il est également envisagé d'envoyer les gaz vers une turbine qui fabriquerait de l'électricité.

"Le sujet est très sensible, et nos concitoyens sont très partagés. Je suis sûr que certains pensent même que nous brûlons des corps juste pour fabriquer de la chaleur, ce qui est naturellement faux", explique Robin Monk, responsable des questions d'environnement du Tameside.

L'Eglise locale semble partager cette approche "verte" de la mort.

"Je pense que c'est une excellente idée, très innovante. Jusqu'ici, tout cet air chaud était gaspillé", remarque, enthousiasme, le révérend Vernon Marshall. "Les familles n'ont pas à savoir que leurs défunts bien-aimés servent à les réchauffer".

La décision finale appartient à la commission de l'énergie du conseil de Tameside, qui rendra son verdict après consultation du public.

Commentaires

tiberix a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
tiberix a dit…
Pourquoi ne pas envisager l'adoption globale du rituel funéraire aérien tibétain, où les défunts sont méticuleusement découpés par une caste d'officiants spécialisés, les os broyés, parfois mélangés à des condiments, et donnés en pâture aux vautours à partir d'un rocher sacré ?

Dans la mesure où le vautour pète sacrément moins qu'une vache, je pense que le bilan écologique doit être remarquable.

Et rien n'empêche d'emménager une sorte de grande volière où les familles émues pourraient en échange du modeste prix d'un ticket d'admission, venir en famille montrer au petit Emile, le busard qui c'est il y a peu repu de papi.

(ps. il manque réellement une fonction d'édition basique pour les commentaires)
Gromovar a dit…
Il faudrait discuter de cette proposition dans le cadre d'un forum sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Il y en a un très bon qui va se tenir au Parc Chanot les 31/01 et 01/02.