Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Lumpenprolétariat


Thierry Jonquet est un auteur de roman noir qui a une longue trajectoire politique à l'extrême gauche. Dans "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte", phrase tirée de Victor Hugo, il tente de réveiller une certaine gauche au lendemain des émeutes de banlieue et de l'affaire Ilan Halimi. Une gauche confite dans l'huile des bons sentiments et de l'angélisme. Une gauche qui s'étrangle quand Jospin dit à Villepinte que la sécurité est un droit fondamental de l'individu et que c'est à l'Etat de l'assurer aux plus faibles, que la sécurité est ce que la société doit à l'individu dans le cadre du contrat social. Une gauche qui, à force de victimisation, justifie toutes les dérives, même les plus barbares. Une gauche qui a oublié que la République s'est construite contre les folklores et les particularismes, et non pas avec eux. Un gauche qui a découvert, horrifiée, que certains enfants d'immigrés ex-colonisés (meilleurs substituts de l'opprimé absolu depuis qu'il est difficile de trouver des prolétaires) étaient de vrais antisémites.
Venons en maintenant au fait ! Dans cet ouvrage Jonquet décrit la dérive hors de l'orbite républicaine de quartiers entiers du 9-3. A travers le trajet de quelques jeunes et de quelques boss de cité, il dépeint la réalité tragique de certaines zones que l'Etat ne contrôle plus qu'à grand peine. Or la nature politique a horreur du vide et quand l'Etat n'exerce plus son autorité il est rapidement remplacé par le plus violent des autochtones ou le plus illuminé des religieux.
Alors certes les personnages du roman sont des archétypes, certes on sent un peu d'aigreur personnelle (mais qui mieux qu'un compagnon de route peut connaître la route afin de pouvoir en parler ?), certes on peut se demander si ce roman, très ancré dans des évènements réels, résistera aux outrages du temps, certes on peut reprocher une noirceur extrême et l'absence de toute voie de salut, mais il est salutaire de rappeler dans un livre que la République ne doit jamais rien céder à des particularismes crpyto-fascistes et que ça passe par l'éducation, une éducation où les enfants devraient trouver autre chose que ce qu'ils y apportent.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, Thierry Jonquet

Commentaires

Anonyme a dit…
Ca donne envie ! Il est sur ma table de nuit, alors il n'y a plus qu'à...
Anonyme a dit…
J’avais déjà entendu parler de cet auteur enfin d’un de ses bouquins « Mygale » il a l’air pas mal non plus .
Gromovar a dit…
Je ne l'ai pas lu mais il parait que c'est trèèèèèèèèès bien en effet.