Hitler peignait des roses - Harlan Ellison - Retour de Bifrost 117

Hitler peignait des roses est l'un des quatre recueils de Harlan Ellison parus en français aux Humanoïdes Associés à la fin des années 70. Y sont rassemblés quinze nouvelles précédées d'une introduction de l'auteur lui-même. Dans celle-ci, intitulée Enfin révélé ce qui a tué les dinosaures ! Et ça n'a pas l'air d'aller très fort pour vous non plus , Ellison développe longuement, sur un ton amusant et agressif et disons même amusant car agressif, la consternation que lui inspire la pratique excessive de la télévision par ses contemporains. Dans des termes qui évoqueront aux lecteurs d'aujourd'hui ce qui s'écrit sur les réseaux sociaux, Ellison accable un média hypnotique et abrutissant responsable selon lui d'une vive dégradation de la capacité à distinguer entre réalité et illusion. Une inquiétude visionnaire, validée par l'ère de post-vérité dans laquelle nous vivons dorénavant ; que n'avons-nous écouté Ellison ! Pour lui, c'est dan...

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C'est le sentiment qu'inspire la lecture de "The Terror". Dan Simmons, qui s'était magnifiquement illustré avec Hypérion et ses séquelles puis avait un peu erré dans diverses oeuvres de moindre importance, revient avec un énorme livre.
Dan Simmons réussit dans "The Terror" le même tour de force que Victor Hugo au début de "L'homme qui rit", dans l'épisode de la traversée. Comme dans son illustre prédécesseur, on sait dès le début comment le drame va finir (The Terror prend pour base un véritable fait historique dont la conclusion est connue), et pourtant on lit avec passion les efforts surhumains d'hommes qui tentent désespérément de survivre, sans jamais se dire qu'il n'y a pas de suspense donc pas d'enjeu. On vibre pour ces forçats attaqués par le froid, la maladie, leur propre bétise, malhonnèteté, orgueil déplacé, et une créature mi-bête mi-démon qui joue avec eux un jeu mortel.
Le travail de recherche et d'écriture de Simmons est remarquable et inspire chez le lecteur l'impression physique d'être dans ces bateaux coincés dans le froid glacial de l'Arctique, de subir le martyre subis par les équipages. Les points de vue changent de chapitre en chapitre avec un narrateur qui s'intéresse à l'un puis l'autre personnage et narre l'histoire avec les intonations que ceux-ci auraient. Une partie du récit est aussi rédigé sous forme de journal et on retrouve là les romans épistolaires du 19ème. Le livre évoque d'ailleurs fortement la littérature du 19ème ; j'ai beaucoup pensé à Mary Shelley par exemple.
"The Terror" est un énorme livre, un magnifique livre, un des livres pour lesquels j'ai décidé de créer ce blog afin de pouvoir parler des chefs-d'oeuvre.
Pour les francophiles, la traduction sortira début 2008.
The Terror, Dan Simmons

Commentaires

Munin a dit…
Bon OK je suis convaincu j'achète. :)
Gromovar a dit…
Jusqu'à présent, personne ne l'a regretté :-)