Gotham Central t4 - Brubaker - Rucka et al.

Quelques derniers mots pour signaler la sortie du tome 4 conclusif de la série Gotham Central . J'ai déjà dit tout le bien qu'on pouvait penser de la série . C’est absolument excellent, l’un des meilleurs comics policiers qu’on puisse lire, avec un Batman presque absent, ombre tutélaire qui protège la ville, surtout contre elle-même, et des policiers profondément humains qui tentent d’accomplir leur mission au milieu de la corruption et des destructions périodiques occasionnées par les guerres des super-héros. A Gotham, il faut encore plus de courage que dans le reste du monde pour sortir dans les rues avec un badge. Dans ce dernier numéro, on trouve réunies quatre histoires (+ en petit bonus la suite et fin des aventures de Josie McDonald avant son affectation à Gotham Central) . Loi naturelle montre la ville du point de vue d’un de ses innombrables flics ripous, devenu ici meurtrier. En voix off, il raconte sa misérable vie quotidienne, son manque d’empathie et son absence t...

Heureux qui découvre Bordage




J'ai lu presque tout ce qu'a écrit Pierre Bordage et il a fini par me fatiguer. Il m'a fatigué parce qu'il a quelques thèmes et obsessions récurrentes qui reviennent dans tous ses livres et, qu'à la longue, ça saoule.
Ceci dit cher lecteur, tu n'es pas moi. Tu n'as encore rien lu. Tu as donc le choix que je n'ai plus. Lire un peu de Bordage, pour profiter de l'excellence de son imagination, et arréter avant l'overdose.
Pierre Bordage est un conteur exceptionnel. Lui aussi a gagné plein de prix de littérature francophone (donc pas le Hugo). Il revendique, à juste titre, le nom de conteur pour son activité. Il crée des mondes absolument dépaysants, il décrit en détail des sociétés complexes, il y place des aventures épiques, il n'esquive jamais la mort et le sexe sans quoi l'épique le serait moins, il tord la langue française et la façonne pour son usage personnel ce qui ajoute l'étrangeté de la langue à l'étrangeté de ce qu'elle décrit. L'effet est saisissant et convaincant. Les romans de Bordage sont des fenètres grandes ouvertes sur un ailleurs cruel et fascinant, comme dans les contes.
J'utilise ici la couverture d'"Abzalon" (qu'il faut lire avec sa suite, "Orchéron") qui est à mon avis la meilleure épopée qu'il ait écrite. Si vous ne devez en lire qu'une... "Les guerriers du silence" et ses deux suites sont aussi de grande qualité. Et, pour un plaisir plus linguistique, "Les fables de l'Humpur", le plus proche d'un conte, le plus créatif dans le domaine de la langue.
Vous avez encore l'occasion de vous faire plaisir, ne la ratez pas, on n'en a pas tant que ça.
Abzalon, Pierre Bordage

Commentaires

Laurent F a dit…
Je me suis laissé prendre... Tu as raison Gromovar, Bordage a un sacré talent de narrateur ! Au départ, rien de révolutionnaire : quelques bons sentiments (même les assassins peuvent devenir gentils, il ne faut pas abîmer la planète, les intégristes sont dangereux, il faut se méfier de l'usage de la science). Même les intrigues et les personnages sentent le réchauffé. Mais pourtant, quel plaisir et quelle impatience de lire la suite...
Gromovar a dit…
Tant mieux si c'est agréable.