A Forest Darkly - Angela Slatter

Monde de Sourdough , encore. Dans la Grande Forêt Sombre que tout monde de conte noir se doit de posséder. Mehrab est une sorcière. Elle vit dans une petite cabane au cœur de la forêt, non loin du minuscule village de Berhta’s Forge. Difficile de faire plus à l’écart du fracas du monde : de Lodellan jusqu’au bord de la Grande Forêt, le voyage prend plusieurs mois de route, et ensuite, une fois arrivé à la lisière de la forêt, il faut encore environ six semaines pour rejoindre Berhta’s Forge, qui se trouve assez profondément dans la forêt, non loin de son cœur selon les cartes – bien que celles-ci restent très imprécises. C’est pourtant sur le pas de sa porte, au fin fond de cette retraite, que le monde va s’inviter sous la forme d’une jeune fille en fuite, Rhea. Rhea est une très jeune sorcière. Prise en charge par les Visiting Sisters après un acte assez grave pour mettre sa vie en danger (si sa nature même de sorcière n’engendrait pas déjà un risque suffisant) , Rhea est passée de ma...

Heureux qui découvre Bordage




J'ai lu presque tout ce qu'a écrit Pierre Bordage et il a fini par me fatiguer. Il m'a fatigué parce qu'il a quelques thèmes et obsessions récurrentes qui reviennent dans tous ses livres et, qu'à la longue, ça saoule.
Ceci dit cher lecteur, tu n'es pas moi. Tu n'as encore rien lu. Tu as donc le choix que je n'ai plus. Lire un peu de Bordage, pour profiter de l'excellence de son imagination, et arréter avant l'overdose.
Pierre Bordage est un conteur exceptionnel. Lui aussi a gagné plein de prix de littérature francophone (donc pas le Hugo). Il revendique, à juste titre, le nom de conteur pour son activité. Il crée des mondes absolument dépaysants, il décrit en détail des sociétés complexes, il y place des aventures épiques, il n'esquive jamais la mort et le sexe sans quoi l'épique le serait moins, il tord la langue française et la façonne pour son usage personnel ce qui ajoute l'étrangeté de la langue à l'étrangeté de ce qu'elle décrit. L'effet est saisissant et convaincant. Les romans de Bordage sont des fenètres grandes ouvertes sur un ailleurs cruel et fascinant, comme dans les contes.
J'utilise ici la couverture d'"Abzalon" (qu'il faut lire avec sa suite, "Orchéron") qui est à mon avis la meilleure épopée qu'il ait écrite. Si vous ne devez en lire qu'une... "Les guerriers du silence" et ses deux suites sont aussi de grande qualité. Et, pour un plaisir plus linguistique, "Les fables de l'Humpur", le plus proche d'un conte, le plus créatif dans le domaine de la langue.
Vous avez encore l'occasion de vous faire plaisir, ne la ratez pas, on n'en a pas tant que ça.
Abzalon, Pierre Bordage

Commentaires

Laurent F a dit…
Je me suis laissé prendre... Tu as raison Gromovar, Bordage a un sacré talent de narrateur ! Au départ, rien de révolutionnaire : quelques bons sentiments (même les assassins peuvent devenir gentils, il ne faut pas abîmer la planète, les intégristes sont dangereux, il faut se méfier de l'usage de la science). Même les intrigues et les personnages sentent le réchauffé. Mais pourtant, quel plaisir et quelle impatience de lire la suite...
Gromovar a dit…
Tant mieux si c'est agréable.