The Will of the Many - James Islington

L’effet Streisand , tu connais, lecteur ? Et bien, il a fonctionné à plein récemment. The Will of the Many est un roman de fantasy à coloration romaine antique de James Islington. Lisant assez peu de fantasy, j’ignorais jusqu’à l’existence de ce roman qui, de fait, a bonne presse dans le monde anglo-saxon dont il est originaire. Et voilà qu’il est traduit et publié en France par l’éditeur Elder Craft. Et voici que le fandom repart encore une fois dans une de ces polémiques picrocholines dont il a le secret – celle-ci est un peu amusante car elle réactive, peut-être sans même le savoir, la notion de mort civile qui était une des originalités du droit antique. Si tu ignores de quelle polémique il s'agit, sache, lecteur, que tu n’as rien perdu. Toujours est-il qu’ainsi j’appris l’existence de ce roman et que, le pitch m’ayant intrigué, je décidai de l’acheter en VO pour le lire. Détails ci-dessous. Monde indéterminé de type terrestre. Ce monde connut, plusieurs siècles avant le débu...

Heureux qui découvre Bordage




J'ai lu presque tout ce qu'a écrit Pierre Bordage et il a fini par me fatiguer. Il m'a fatigué parce qu'il a quelques thèmes et obsessions récurrentes qui reviennent dans tous ses livres et, qu'à la longue, ça saoule.
Ceci dit cher lecteur, tu n'es pas moi. Tu n'as encore rien lu. Tu as donc le choix que je n'ai plus. Lire un peu de Bordage, pour profiter de l'excellence de son imagination, et arréter avant l'overdose.
Pierre Bordage est un conteur exceptionnel. Lui aussi a gagné plein de prix de littérature francophone (donc pas le Hugo). Il revendique, à juste titre, le nom de conteur pour son activité. Il crée des mondes absolument dépaysants, il décrit en détail des sociétés complexes, il y place des aventures épiques, il n'esquive jamais la mort et le sexe sans quoi l'épique le serait moins, il tord la langue française et la façonne pour son usage personnel ce qui ajoute l'étrangeté de la langue à l'étrangeté de ce qu'elle décrit. L'effet est saisissant et convaincant. Les romans de Bordage sont des fenètres grandes ouvertes sur un ailleurs cruel et fascinant, comme dans les contes.
J'utilise ici la couverture d'"Abzalon" (qu'il faut lire avec sa suite, "Orchéron") qui est à mon avis la meilleure épopée qu'il ait écrite. Si vous ne devez en lire qu'une... "Les guerriers du silence" et ses deux suites sont aussi de grande qualité. Et, pour un plaisir plus linguistique, "Les fables de l'Humpur", le plus proche d'un conte, le plus créatif dans le domaine de la langue.
Vous avez encore l'occasion de vous faire plaisir, ne la ratez pas, on n'en a pas tant que ça.
Abzalon, Pierre Bordage

Commentaires

Laurent F a dit…
Je me suis laissé prendre... Tu as raison Gromovar, Bordage a un sacré talent de narrateur ! Au départ, rien de révolutionnaire : quelques bons sentiments (même les assassins peuvent devenir gentils, il ne faut pas abîmer la planète, les intégristes sont dangereux, il faut se méfier de l'usage de la science). Même les intrigues et les personnages sentent le réchauffé. Mais pourtant, quel plaisir et quelle impatience de lire la suite...
Gromovar a dit…
Tant mieux si c'est agréable.