La Seconde vie de Sander - Stepan Razorënov

Sander est mort. Et Sander « renaît », dans un au-delà qui est peut-être l’Enfer, ou pas. Un Diable y règne en tout cas, mais il ne contrôle qu’un palais, une salle de torture, et quelques troupes, chasseurs, gardes et tortionnaires. Le reste est un no man’s land dans lequel errent les bannis tels que lui, anciens humains que leur trépas puis leur renaissance ont revêtu de formes monstrueuses. Contrairement à certains égarés, Sander ne se suicide pas dès sa renaissance. Contrairement à tous, il ne se satisfait pas d’une existence stérile et oisive dans un monde vide où rien d’autre n’arrive que les attaques périodiques des chasseurs du Diable qui enlèvent les born-again et les emmènent vers un avenir de torture. Non. Sander est différent. Sander a une idée et un projet. Fédérer autour de lui les énergies et les compétences de tous les born-again pour bâtir une ville dans laquelle tous (les déjà présents comme les nouveaux arrivants) seront accueillis, tous vivront mieux, t...

Deux Hugo pour le prix d'un (ou presque)




Vernor Vinge est un scientifique et un écrivain, surtout écrivain maintenant. Bien que l'éditeur se soit un peu raté sur la couverture, ces deux romans ont tous les deux obtenu le prix Hugo.
Ce qui rend le travail de cet auteur si intéressant c'est la créativité débordante dont il fait preuve, et la manière aboutie de mettre en scène les situations nouvelles qu'il imagine.
"Un feu sur l'abîme" est l'un des premiers romans qui décrit l'apparition d'une Singularité (une Intelligence artificielle sentiente qui décide de vivre sa vie et de se passer de ses concepteurs). Aujourd'hui les Singularités sont nombreuses en SF, à l'époque c'était l'une des premières (la première ?). Nous lisons aussi le roman qui a décrit de manière crédible un organisme collectif, une intelligence décentralisée dans cinq corps physiques distincts ; je ne peux en dire plus, j'ai déjà trop défloré la chose. Nous découvrons enfin un Univers où les lois physiques ne sont pas aussi stables que dans le nôtre, ce dont les races spatiopérégrines s'accomodent (de toute façon ont-elles le choix ?). Un monument d'inventivité.
"Au tréfonds du ciel" a une tonalité très différente mais, de nouveau regorge d'inventions fascinantes. Vernor Vinge joue avec le temps long (trèèèèès long) et l'utilise dans son intrigue, décrit une race d'arachnides civilisés, invente la notion d'archéologie logicielle (qui paraitra absolument évidente à toute personne qui a un peu pratiqué l'informatique), nous convie à assister à un conflit spatial de grande ampleur, et met en scène une race de commerçants spatiaux au long cours qui doivent s'adapter à tout ce qu'implique le commerce entre civilisations différentes sur des espace de temps de milliers (voire de dizaine de milliers) d'années. Tout ça c'est du bon, du très bon, ce que la SF peut offrir de mieux.
Un feu sur l'abîme, Vernor Vinge
Au tréfonds du ciel, Vernor Vinge

Commentaires

Tigger Lilly a dit…
Deux superbes livres, parmi mes premières lectures SF. Je les ai adoré.