L'héritage de Molly Southbourne - Tade Thompson

L'héritage de Molly Southbourne est le troisième et dernier volume de la saga Molly Southbourne , commencée en fanfare par l'impressionnant Les Meurtres de Molly Southbourne et publiée en UHL dans une traduction de Jean-Daniel Brèque. Les plus vieux, dont je suis de plus en plus fréquemment, se souviennent d'un jeu sur Apple II qui s'appelait Where in the World is Carmen Sandiego ? Ici, la question que se posent une bonne partie des protagonistes du récit est Where in the World is Molly Southbourne ? Car l'abomination triste que constitue la (double) sororité des mollys puis des tamaras n'a jamais vraiment quitté les pensées ni l'attention des « monstres froids » dont parlait Nietzsche – ou tout au moins de leurs soldats jamais décommissionnés. Mollys et tamaras doivent demeurer cachées et prudentes pour espérer survivre dans un monde qui ne peut les recevoir sans arrière-pensée, voire pas les recevoir du tout. Pour autant, L'héritage de Molly South

Mon Silverberg préféré




J'adore Robert Silverberg. Ce très prolixe auteur de fantastique met dans ses écrits une nonchalance de branleur californien que je trouve tout à fait exquise (nul autre que Silverberg n'aurait eu l'idée de décrire, dans une nouvelle intitulée "Le dibbouk de Mazel Tov IV", une population d'extraterrestres, d'aspect bovin et dotés d'une fourrure verte, qui se convertit au judaïsme et crée une école rabbinique).
Ce "Livre des Crânes" est un grand roman. Nous suivons le voyage initiatique de quatre étudiants américains vers un monastère, caché dans le désert, dont ils ont découvert l'existence dans un livre ancien. Au bout de ce voyage, l'immortalité, mais pour deux d'entre eux seulement ; le troisième devra se sacrifier, et le quatrième être tué par les deux survivants. Chaque chapitre présente le point de vue d'un personnage et son cheminement intérieur au fur ;-) de l'avancée vers le dénouement. De secrets inavouables en découverte de soi, chaque personnage progresse, comme dans une psychanalyse, vers la révélation de son destin inévitable, de son rôle au sein du quartet. Comme diraient mes amis sociologues, les personnages sont agis par leur histoire personnelle plus qu'ils n'agissent. Le voyage ne fait que les mettre sur la voie qui était tracée pour eux. On peut penser à "Aux coeurs des ténèbres" de Conrad.
Le livre des cranes, Robert Silverberg

Commentaires

Laurent F a dit…
Quatre amis dont un homosexuel, un juif, un aristocrate et un garçon de ferme aspirent à l'éternité. Mais deux d'entre eux doivent être sacrifiés pour que les deux autres puissent l'atteindre. Lesquels seront les plus pervers, les plus machiavéliques ?...
Au-delà de cette intrigue, la première moitié du livre est construite comme un road movie un peu poussif. La seconde est plus stimulante.
Certes, de nombreuses questions restent sans réponse et le livre s'achève sur de nombreuses interrogations... A t'on intérêt à croire ? Est-il rationnel d'accepter les sacrifices terrestres dans l'espoir improbable de sauver son âme ?
Bref, un roman plus spirituel que futuriste...
Gromovar a dit…
Un road movie intérieur :-)