Fables 10 - Willingham - Buckingham

Dernière chronique courte (a priori) de la période, cette fois pour dire un mot du dernier tome de la série Fables chez Urban Nomad. C’est la conclusion – attendue et redoutée – d’une série fleuve d’une qualité rarement atteinte. Ultime confrontation entre Cendrillon et Frau Totenkinder. Deuil et destruction. Fableville finie, les Communs découvre les Fables. Les deux espèces cohabiteront. Le monde des Communs, qui jusqu’ici ne l’était pas, deviendra progressivement un monde magique. Quant à l’épopée épique, elle se termine sur le climax de la montée aux extrêmes entre Rose Rouge et Blanche Neige. Tu ne connaîtras l’issue de cette confrontation sororicide, lecteur, qu’après avoir lu cet ultime opus. Ceci fait, tout ayant été écrit et accompli, les auteurs – singulièrement Willingham et Buckingham – disent au revoir à une bonne partie de leurs personnages avec une succession de « Dernière histoire de... » qui permet de voir une dernière fois les nombreux êtres, si riches et ...

L'effet Churten - Ursula Le Guin - Harmonie et paix intérieure


"L'effet Churten" est un recueil de nouvelles d'Ursula « Hugo, Nebula, Locus, World Fantasy, Grandmaster of SF, National Book Foundation Medal for Distinguished Contribution to American Letters » Le Guin. Il rassemble trois nouvelles simultanées/consécutives centrées sur l'effet Churten, un phénomène physique largement indescriptible qui rend possible le déplacement instantané à travers l'univers entier.

Je ne tenterai pas ici de décrire l'Ekumen, communauté/mosaïque de peuples et de mondes trouvant son origine dans le monde perdu de Hain. Qu'on sache que l'exploration et l’observation de systèmes sociaux différenciés en sont l'alpha et l'oméga, à travers l'action d'envoyés, les Mobiles de l'Ekumen. « Mosaïque », l'Ekumen n'est pas un empire car le voyage FTL n'y est pas possible, ce qui engendre un déficit temps relativiste très important ; en revanche, la communication instantanée existe à travers un dispositif appelé Ansible.
Mais avec le Churten, tout change. Le voyage instantané devient une possibilité, sous contraintes.

L'histoire des Shobbies raconte le premier voyage Churten d'un équipage de dix personnes. On y voit clairement les problèmes posés par cette nouvelle technique. L'harmonie étant indispensable à la réussite du voyage, il est indispensable de beaucoup communiquer pour synchroniser les perceptions des voyageurs afin de créer une réalité partagée qui deviendra celle de leur voyage. Sinon, ce n'est que chaos.

La danse de Ganam est plus longue. Elle décrit le voyage de quatre personnes seulement – qui ont pris soin de s'harmoniser – vers Ganam. On y constate comment une différence de perception entre les voyageurs en conduit certains à mécomprendre la société dans laquelle ils sont arrivés, avec des conséquences dramatiques pour l'un d'entre eux. Il ne suffit pas de se déplacer jusque chez l'autre pour réaliser un détour anthropologique, encore faut-il ne pas plaquer sur lui ses propres catégories analytiques.

Enfin arrive le gros morceau et le texte majeur, Le Pêcheur de la mer intérieure. Beau, émouvant, superbement écrit, il raconte l'histoire d'un des chercheurs qui mettent au point le Churten, un homme qui abandonne une vie paisible et pastorale pour poursuivre un rêve de découverte et de savoir. On y observe une société de mariages-quartes qui équilibrent passion et raison. On y voit un homme avoir une seconde chance et la saisir.

Pour ceux qui ne connaissent pas Le Guin, c'est une bonne introduction. Ceux qui la connaissent retrouveront ici son intérêt pour l'humain et ses modes d’organisation. Ils retrouveront aussi son style riche, imagé, et poétique, dès qu'il s'agit de décrire un monde ou des hommes. Ils retrouveront enfin ce que j'aime moins chez elle, à savoir ces passages parfois pontifiants et verbeux qui sont comme des grumeaux dans une belle crème.

Le bilan est néanmoins très positif, même si je ne peux que conseiller de se tourner ensuite vers le cycle de Terremer où la poésie de l'auteur s'exprime magnifiquement.

L'effet Churten, Ursula Le Guin

Commentaires

Vert a dit…
Je les avais lu dans un ancien recueil (qui s'intitulait Pêcheur de la mer intérieure justement, titre plus vendeur à mon goût), j'en garde un bon souvenir (quoique confus). La troisième est la plus touchante et la plus aisée à suivre de mémoire.
Gromovar a dit…
Assez d'accord pour le titre. Et aussi pour la trois (y compris pour ce qui est d'être plus aisée à suivre).
Xapur a dit…
Je viens de le finir. La troisième histoire est en effet, et de loin, la meilleure et justifie l'achat de ce petit recueil.