Elysium Fire - Alastair Reynolds


Elysium Fire est le tome 2 de la trilogie Prefect Dreyfus Emergency, un cycle situé une centaine d'années avant le début de celui des Inhibiteurs, dans le Glitter Band en orbite autour de la planète humaine Yellowstone. Pour le contexte, on lira le billet concernant le premier tome du cycle.


Peu après les événements décrits dans Aurora Rising, une forme de calme est revenue dans le Glitter Band. Mais, pour Panoply et son corps de préfets, la vie n'est jamais un long fleuve tranquille. Et deux nouvelles menaces surgissent.

D'une part, un populiste braillard nommé Devon Garlin va d'habitat en habitat et, jouant sur la méfiance que suscite une organisation pourtant peu coercitive, prêche une sécession d'avec le Glitter Band. Autorisé par les statuts de l'organisation, ce « Glitterxit » a déjà séduit quelques habitats et d'autres sont susceptibles de suivre. Le préfet Dreyfus, convaincu qu'il y a plus derrière ces événements, enquête sur les agissements de Garlin, en veillant à ne pas outrepasser ses prérogatives dans un monde où la plus grande liberté possible est la norme autant que l'idéal.

D'autre part, un petit nombre de citoyens, rapidement croissant, meurent des suites d'une fusion dramatique de leurs implants cérébraux. Aucune cause décelable, aucun point commun évident entre les victimes, mais l'augmentation exponentielle de leur nombre fait craindre le pire à brève échéance.

Panoply doit affronter simultanément une crise politique et une menace technologique, deux crises existentielles. Inutile de dire que les préfets seront poussés aux limites de leurs possibilités.


Au-delà d'un thriller policier captivant, Elysium Fire fait écho aux campagnes britanniques qui ont mené au Brexit. A travers Garlin, Reynolds met en évidence les manœuvres et les procédés rhétoriques des populistes, qui mentent, dissimulent et provoquent dans le but d'obtenir une réaction officielle qu'ils utiliseront ensuite à leur profit. Et il est difficile, en voyant agir l'homme, de ne pas penser à Nigel Farage ; la référence est transparente : « Across the Glitter Band, a new consensus is dawning. Habitats don’t need Panoply. Panoply wouldn’t be there for them if they did! And so they choose autonomy. They are taking back control. Control to manage the affairs of their citizens in a way that suits their needs, not those of some distant, disconnected network of overseers. Nothing can stop them. »

Le roman met également en scène une élite qui se croit tout permis, commettant des maltraitances qui ne peuvent pas ne pas avoir de conséquences à terme.

On y retrouve les personnages du premier volume, qui grandissent et évoluent un peu, et aussi les adversaires non-humains du tome 1, toujours engagés dans leur empoignade surhumaine et impliqués de manière ambigüe dans les développements en cours.


C'est un tome à lire si on a apprécié le premier. Par son rythme effréné, son suspense constant et la maîtrise parfaite de la jonction entre les deux histoires, Reynolds livre un texte aussi bon, voire meilleur, que son devancier.


Elysium Fire, Alastair Reynolds

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