Karnaval est une nouvelle de Christophe Siébert publiée en édition limitée à l’occasion du 29e Festival International du Roman Noir de Frontignan la Peyrade et illustrée par Etienne Savoye.
Courte, rapide, drôle, elle raconte les pérégrinations d’une petit équipe de documentaristes partis à Mertvecgorod pour couvrir le « Karnaval » annuel de la ville, un moment de fête et d’excès en tous genres au cœur d'une cité que le grand public occidental doit encore découvrir. Deux ans après le méga-attentat qui servait de point d’orgue à Images de la fin du monde, les quatre Français en vadrouille vont découvrir un monde si étranger que leur professionnalisme, déjà modeste, n’y résistera pas.
Sur seulement cinq jours de travail prévus qui virent à l’orgie constante, entre montées et descentes, Siébert décrit la dérive lente et pas si involontaire de personnes ordinaires que rien n’aurait pu préparer à la singularité de Mertvecgorod. Partis de Paris et à seulement trois heures d’avion d’elle, c’est littéralement un carnaval médiéval que découvrent Marco, Bach, Prune et le narrateur. De rencontres imprévues en recherches angoissées, ils s’y enfonceront au point de ne plus vouloir en ressortir. Un After Hours sans le glamour.
Même si, brièveté oblige, les néophytes devront chercher ailleurs de vraies informations sur Mertvecgorod, les habitués retrouveront dans Karnaval la plume orale parfaitement ciselée de Christophe Siébert, un auteur qui réussit à faire disparaître le travail d’écriture pour donner l’impression que ses textes sont écrits comme ils sortent.
De plus, dans un texte qui est essentiellement une longue orgie, on est saisi par le fait que sa description des produits, des prises et des effets est parfaitement juste, sans affect ni afféterie. Dans son ton qui dit ce qu’il faut dire comme il faut le dire, jamais fake ni précieux, Siébert ici est le contraire absolu du Mehdi Belhaj Kacem de Vies et morts d’Irène Lepic.
Ca se lit vite et c’est amusant. Ca ajoute une nouvelle pierre à la Condition humaine de Christophe Siébert.
On notera que le texte a donné lieu à une collaboration avec un atelier d’écriture, proposé dans le cadre de la 29e édition du Festival International du Roman Noir / FIRN. 70 adultes ou jeunes de Frontignan la Peyrade (6e SEGPA du collège Deux Pins, 4e DYS du lycée professionnel Maurice-Clavel, jeunes en suivi Protection Juridique de la Jeunesse / PJJ, seniors de la Maison Vincent-Giner, adultes handicapés en EHPAD, bénévoles et compagnons d’Emmaüs Sète-Frontignan, etc.) ont travaillé pour créer le portrait et l’histoire de leur personnage de carnaval.
En parallèle et sur cette même période, deux artistes-plasticiens, Mordicus et DH (David Huart) sont intervenus auprès des participants pour leur faire concevoir leur masque personnel à partir d’éléments de récupération et de déchets.
Un projet global donc, inclusif et autour des déchets, thème incontournable quand on parle de la Zona, la plus grande décharge publique du monde.
Karnaval, Christophe Siébert
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