The Trials of Empire - Richard Swan

Suite et fin de la trilogie de L'Empire du Loup , de Richard Swan, avec The Trials of Empire , qui vient conclure le cycle. Après un volume deux qui m'avait un peu laissé sur ma faim  – c'est souvent le cas avec les volumes centraux –, cette fin est tout à fait à la hauteur de l'ambitieuse trilogie de Swan. La lutte pour l'avenir de l'Empire, entamée dans le lointain minuscule village frontalier de Rill, culmine dans ce dernier tome. Elle se déroule autant dans le monde réel, en et hors les frontières de l'Empire, que dans les plans métaphysiques où résident et combattent les alliés et instigateurs de la tentative de renversement de l'Empire du Loup. Les héros du cycle et leurs alliés sont poussés dans leurs derniers retranchements lors de batailles tactiques épiques dont bon nombre ne sortiront pas vivants. Aux marches de l'Empire comme dans les rues même de la capitale, on combat et meurt par milliers, sous les ordres d'un Konrad Vonvalt qui do...

Le Pèse-Dieu, Ian Soliane


Un père décide de descendre aux Limbes pour sauver sa fille, Jade, qui s’est suicidée. Au fil d’une lente pérégrination il chemine vers elle, qui l’attend ou pas. Il espère la ramener. Y parviendra-t-il ?


Le Pèse-Dieu est le dernier roman de Ian Soliane. L’auteur y aborde une fois encore les deux questions du deuil et de l’incompréhension fondamentale entre IA et humanité. Les deux étant liées, me semble-t-il, car comment l’IA, qui n’a aucune occasion de l’éprouver, pourrait-elle comprendre le deuil ?

Dans ce court et dense roman, Soliane raconte la catabase de son héros (anonyme car, face au deuil, tous sont égaux ou, au moins, génériques).

L’homme n’est pas Orphée.

Il ne cherche pas sa femme, si vite perdue, mais sa fille, suicidée trop jeune, à 22 ans.

Il ne descend pas aux Enfers mais entre dans les Limbes, le serveur géant de simulation dans lequel sont envoyées post-mortem les consciences qui le souhaitent.

Il n’a pas à supplier Hadès et Perséphone, ni à charmer quiconque par son chant. Il a simplement acheté un « pass » qui comprend suicide assisté pour lui, voyage jusqu’à sa fille en compagnie d’un agent IA nommé Bak, et réenveloppement de lui et d’elle dans des corps synthétiques.

Réussira-t-il là où Orphée a échoué ? Il faudra lire pour le savoir.


Si Le Pèse-Dieu traite la question du deuil, il l’aborde sous l’angle particulier du deuil suite à suicide. Un deuil si différent de tout autre, a fortiori quand il s’agit de son enfant, et plus encore lorsqu’on a eu le malheur de voir le corps défunt.

On veut comprendre pourquoi ce geste. Ce qu’on aurait pu ou dû voir. Ce qu’on aurait pu ou dû faire (dans les jours précédents l’acte ou durant les longues années d’éducation).

On se demande si l’enfant a rejeté son parent en rejetant le monde.

On se rappelle. Tout, ou du moins tout ce qui peut faire sens, mais parfois aussi des détails dont l’importance échappe. On reconstruit. On réécrit une histoire dont on espère qu’elle sera un fil rouge vers l’acte. Mais l’acte continue de rester incompréhensible.

On essaie de reprendre une vie « normale ». On n’y parvient pas. Les autres, qu’ils parlent ou pas, interfèrent. Même les plus proches, même le conjoint.

La solution, dans le monde du roman, est peut-être alors d’aller revoir la morte, lui parler, autant pour lui demander une explication que pour lui proposer de revenir.


Camus affirmait que le suicide était le seul vrai problème philosophique. Pour le père de Jade, le passage « La veille de ta mort, tu es passée toute souriante. Tu étais calme, tendre, tu venais de démarrer une étude sur les Racines d’arbres de Van Gogh et une tapisserie de Kiki Smith, Earth, ce corps de femme tissée te fascinait. Ma chérie, la veille, on discutait peinture. Le lendemain matin, la police m’a réveillé » résume le problème.

Alors il chemine, sur une terre virtuelle aride, à travers son histoire et son questionnement. Et de réponses, il obtient peu. Car quel est le sens du suicide ? Peut-on convaincre une personne qui a choisi de quitter la vie d’y revenir ? L’enfer est-il, comme on le pense d’habitude, le lieu où est projetée l’âme après la mort, ou est-ce, tout au contraire, le monde des vivants, ce qui explique que le suicidé ait voulu le quitter pour toujours ? Et dans ce cas, pourquoi reviendrait-il ?


Ce sont toutes ces questions, dont les réponses sont largement inaccessibles, qu’aborde le roman, entre apaisement, acceptation, et sacrifice.

N’oublions pas celles de la création d’une mythologie autour des Limbes. La peur de la mort est sûrement à l’origine des religions, il n’est donc pas étonnant qu’un monde matérialiste capable de créer son propre au-delà génère aussi les légendes et croyances qui vont avec.

Et bien sûr, nous remarquons, encore une fois sous la plume de Ian Soliane, qu'humains et IA devront cohabiter sans se comprendre.


Sur un ton mélancolique – qui évoque à bien des niveaux l’album Faith de The Cure – l’auteur invite son lecteur à un voyage vers l’un des grands mystères de l’existence, un mystère que l’IA ne peut pas appréhender – les IA réelles qui cherchent des moyens de contourner l’ordre de s’autoterminer le démontrent.


Le Pèse-Dieu, Ian Soliane


L'avis de Feyd Rautha

Commentaires

Philfff a dit…
Wahou ! ça c'est un thème qui me plait ! Peut-être que se n'est pas assez creusé mais tout de même, j'achète ! Merci, un check de Provence.
Gromovar a dit…
Bonne lecture :)
Roffi a dit…




Finalement le suicide c’est la crainte de vivre,plus que la crainte de mourir .Oui c’est un roman qui soulève beaucoup de questions sur le deuil,assisté par l’IA..J’avais déjà lu l’auteur . Je note celui-là aussi.







Gromovar a dit…
Faut noter, faut noter.