Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Up from Slavery - Victor Lavalle

 


Up from Slavery est une nouvelle de Victor Lavalle qu'on peut lire là. Elle commence par « I’m going to start with the pregnant woman because she survived. ». Le narrateur raconte ensuite comment il a aidé la femme à sortir du wagon endommagé après le déraillement du train dans lequel ils se trouvaient tous les deux. Le chapitre se termine par « The public would blame the train’s engineer for the catastrophic accident but that wasn’t true. I helped those survivors, yes, but I caused the train crash, too. ». Intrigant.


Up from Slavery reprend le titre de l’autobiographie, très connue aux USA, de Booker T. Washington, un ancien esclave. Né esclave en 1856 et mort en 1915, Washington est émancipé en 1865. Après des études au Hampton Institute, il fonde le Tuskegee Institute, une école normale pour personnes noires. Devenu un des leaders noirs connus, il prononce le célèbre Discours de compromis d’Atlanta. En 1901, il publie Up from Slavery, une autobiographie que certains aujourd’hui considèrent comme trop complaisante (de même que son discours d’Atlanta et la position d’accommodement qu’il implique, critiqué déjà à l'époque notamment par W.E.B. Du Bois).


La nouvelle de Lavalle renvoie explicitement au titre de l’ouvrage de Washington.

D’abord car son narrateur, Simon Dust, est un relecteur freelance qui travaille sur une nouvelle édition de Up from Slavery pour laquelle il propose – outrepassant ses fonctions – quantité d’ajouts qu’on peut considérer comme militants.

Ensuite car le cœur de la nouvelle traite d’esclavage, d’une manière qui évoque Lovecraft. L’auteur ne fait pas référence ici à Horreur à Red Hook (comme dans sa novella La Ballade de Black Tom) mais il invoque des passages des Montagnes Hallucinées. Il adopte même une approche généalogique qui rappelle autant Les rats dans les murs que Le Cauchemar d’Innsmouth.

Difficile d’en dire plus sans spoiler (j’espère même ne pas l’avoir déjà fait).


Faut-il lire Up from Slavery ?

Pour les complétistes lovecraftiens ou lavalliens, oui. Néanmoins, le texte fait référence à des faits et des débats qui sont peut-être un peu éloignés de ceux du lectorat français, et pour les lovecraftiens compétents il devient vite, première surprise passée, assez prévisible.

Your time, your choice.


Up from Slavery, Victor Lavalle

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