Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Gotham by Gaslight 1893 - Diggle - Fernandez


Il y a peu je disais tout le bien que j'avais pensé de la réinvention gaslight de Batman par Augustyn et Mignola.

Poussé par mon enthousiasme je me procurai donc Gotham by Gaslight 1893 qui en est la « suite » et la continuation de l'univers Elseworlds. Mal m'en a pris !


Long story short, Gotham by Gaslight 1893 The Kryptonian Age – dont Urban comics nous propose le tome 1 en attendant un second à venir – est un bordel foutraque, un genre de pudding plein jusqu'à la gueule de tout ce que les auteurs, Diggle et Fernandez, voulaient réintroduire dans le monde alternatif de Batman by Gaslight. On ne retrouve pas ici la réinvention presque poétique qui habitait son court devancier, on n'y retrouve pas non plus la transposition exhaustive et réussie du premier cycle de Black Hammer.


Non, ici, épisode après épisode et page après page, les héros et vilains DC les plus connus sont réintroduits un par un au fil d'un scénario qui saute comme une tique épileptique d'un personnage à l'autre et d'un lieu à l'autre. Il n'y a ni rime ni raison à cette accumulation, juste un vague « retour » qui les fait tous frétiller, celui d'un mal antédiluvien qui aurait anéanti le monde kryptonien (!) et qui se réveillerait pour faire subir le même sort au monde humain. Comment tout cela se lie-t-il ? Mystère.

Rien n'est développé. Aucun personnage ne prend la lumière assez longtemps pour être construit ou s'attacher le lecteur. Tous les liens semblent artificiels. Le problème est là, pas dans l’accumulation per se mais dans le style « défilé de mode » de celle-ci.

Rien n'amène la moindre piste d'intérêt ou de réflexion au-delà du simple team-up décalé destiné à amuser la galerie.

Et, ce qui est le pire, il n'y a pas grand chose dans toute cette histoire qui tire vraiment partie du contexte gaslight – à peu près tout pourrait se passer exactement de la même manière dans la Gotham standard.


Sache, lecteur, au cas où tu serais assez fou pour te procurer ce décevant album qui tu y croiserais, en vrac (more or less) :

  • Batman
  • Superman
  • Adam Strange
  • Wonder Woman
  • Green Lantern
  • Jay Garrick
  • Victor Stone (soon to be Cyborg)
  • Lex Luthor
  • Julie Madison
  • Catwoman
  • Alfred
  • Deadshot (qui ressemble à Eli Wallach)
  • Harley Quinn
  • The Suicide Squad
  • Skartaris
  • J'onn J'onzz
  • Killer Croc
  • John Constantine
  • Ra's al Ghul
  • Talia al Ghul
  • La Ligue des Assassins
  • Loïs Lane et Jimmy Olsen
  • Le Phantom Stranger

J'ai le doigt fatigué rien que d'avoir tapé cette liste et tu dois avoir l’œil épuisé de même.

Passe ton chemin, lecteur.

La suite annoncée (pour dans longtemps) s'intitulera en VO Gotham By Gaslight – A League For Justice. Ça sera sans moi.


Gotham by Gaslight 1893, Diggle, Fernandez

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