Ce qui réveille les morts - T. Kingfisher

Ce qui réveille les morts est un roman court de T. Kingfisher, l'autrice remarquable de Nettle and Bone . Il est aussi brillant que son devancier, peut-être même plus. A toi de voir, lecteur. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 124, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Lorsqu’Alex Easton, arme lige à la retraite, apprend que son amie d’enfance Madeline Usher est mourante, ka se précipite vers la demeure ancestrale des Usher, perdue dans la campagne reculée de Ruravia. Sur place, Alex découvre un véritable cauchemar : des excroissances fongiques envahissent les environs, la faune est possédée et un sombre étang pulse d’une vie inquiétante. La nuit, Madeline erre dans son sommeil et parle d’une voix qui n’est pas la sienne, tandis que son frère Roderick dépérit, rongé par un mystérieux mal. Avec l’aide d’une brill...

Bat-Man First Knight - Jurgens - Perkins


1939, Gotham City.

La ville est sombre, corrompue, affligée d'une municipalité et d'une police guère efficaces si l'on excepte le commissaire Gordon. Mais ce n'est pas tout, hélas. 1939 est, à Gotham comme dans le monde, une année noire. Citons le personnage mystérieux qui s'exprime au début de l'album : « L'âge moderne est là. 1939 annonce une nouvelle décennie prête à être exploitée. Le chaos et le désordre surviennent partout dans le monde. Il brûlera comme jamais il n'a brûlé. Les horreurs de la Grande Guerre ne pèseront rien face à ce qui nous attend. Adoptons le point de vue des marchands d'armes et voyons ça comme une opportunité. »


Bat-Man First Knight (notez le Bat-Man) est un album one-shot de Dan Jurgens et Mike Perkins publié chez Urban DC Black Label. S'il ne fait pas partie de la collection Elseworlds, il procède néanmoins de la même logique : transporter le personnage de Batman dans un autre univers temporel afin de montrer que la Mal est éternel et sa Némésis aussi.

Nazisme en Europe, effet économiques persistants de la grande Dépression, antisémitisme sur le sol US, aux maux habituels de Gotham s'ajoutent ceux de temps qui vont vers la catastrophe. C'est dans ce monde en désarroi que le jeune Bruce Wayne, un riche héritier érémitique, orphelin de deux parents abattus en pleine rue, décide de prendre la justice à sa charge afin de, comme il le dit lui-même, protéger ses concitoyens de ce qui lui est arrivé. Revêtu d'un costume de chauve-souris, le sombre jeune homme arpente les rues d'une Gotham qui en a bien besoin car elle fait face à une vague de criminalité sans précédent qui se manifeste spectaculairement par des assassinats de notables.

Ce héros masqué dont la carrière débute provoque méfiance et inquiétude en ville. Il va se trouver un unique allié en la personne du commissaire Gordon, peut-être le seul flic honnête du coin, assez vite forcé d'admettre qu'en dépit de son apparence et de ses méthodes particulières le mystérieux Bat-Man (comme le nomme la presse) lutte comme lui contre la vague malfaisante qui cherche à susciter le chaos pour renverser la table à Gotham.


Dans une ambiance de film noir, Bat-Man First Knight offre son lot de politiciens faibles, de policiers corrompus, de malfrats visqueux et méprisables, sans oublier des créatures dont je ne dirai rien ici. Le monde interlope de la nuit, que fréquente sous sa fausse identité le jeune homme de bonne famille qui roule de jour en coupé sport, compte aussi dans l'album une prostituée informatrice et un souteneur sous protection. Seuls rayons de soleil dans un quotidien bien sombre, un rabbin très humain qui aide Wayne/Bat-Man à se recentrer ou des acteurs amicaux dont l'un doit cacher son homosexualité.

Pas d'autres masques ici. Bat-Man est le seul à jouer ce jeu, tel le Spider de l'Age d'Or publié par Quality Comics. Pas d'Alfred non plus, ni de Catwoman. Le héros est solitaire face à l'adversité.


Inspiré d'Hugo Strange and the Monster Men (une histoire de 1940) légèrement réinterprétée par rapport à la version originale, très joliment ambiancé car bien dessiné (jusqu'à de grandes planches très dynamiques) et superbement encré, l'album contient tout un monde – qu'on qualifiera de pittoresque – qui emprunte autant aux codes des comics sur Gotham qu'à ceux des films noirs. Il se lit avec plaisir et m'a donné envie de me procurer le Batman : Gotham by Gaslight qui ressort bientôt chez Urban.


Bat-Man First Knight, Jurgens, Perkins

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