Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Le Laboratoire de l'Imaginaire - Fabrice Chemla


Je suis malaaaaaade :(

N'aimant guère dormir (on le fera définitivement bien assez tôt), je rampe jusqu'au clavier pour taper quelques lignes (quelques lignes seulement, afin de ne pas perdre mon statut envié de victime (Cf. François Azouvi)).
De profundis clamavi, lecteur.

Quelques mots donc sur Le Laboratoire de l'Imaginaire, le dernier volume de la collection Parallaxe au Bélial, écrit par Fabrice Chemla, maître de conférences et professeur de chimie à Sorbonne Université, et accessoirement sympathique compagnon d'Imaginaire.

352 pages, 16 chapitres, sans oublier 49 molécules d'intérêt et un glossaire. C'est de la vulgarisation de très bon niveau qui m'a rappelé certains souvenirs et surtout appris nombre de choses que je n'ai jamais sues. Mais, Parallaxe oblige, ce n'est pas que ça, Le Laboratoire de l'Imaginaire fait aussi tout du long le lien avec les (très nombreuses) créations des auteurs de l'Imaginaire, qui servent le plus souvent d'entrée dans le chapitre.
Plausibilité, faisabilité, tout est examiné – et particulièrement les longs extraits de textes d'Imaginaire avec leur chimie leur physique ou leur biologie (parfois) radicalement originales. Chimie et physique et biologie car la chimie est dans tout, des plus petites particules aux plus énormes corps célestes. Chimie et physique et biologie car en Imaginaire on aime modifier ces donnés pour voir ce que ça fait.

C'est clair mais jamais trop simple. Ca lie parfaitement textes d'Imaginaire et connaissances scientifiques. Qu'on vienne pour la chimie, pour l'Imaginaire, ou pour les deux, on ne sera jamais déçu car on trouvera de quoi se nourrir. Qu'on en juge :

  • Les atomes, de Démocrite au quantique,
  • Les éléments et les isotopes, les liaisons chimiques qui permettent l'existence des molécules et expliquent tant d'autres caractéristiques de la matière,
  • La lumière, sa nature et ses interactions avec la matière (j'ai enfin compris la phosphorescence!), la vision, les spectres (oui, ça fout la trouille), et la protomolécule (ça aussi ça fout la trouille),
  • Avogadro, mole, grands nombres et masses infinitésimales, pourquoi il est irréaliste de vouloir se téléporter (dommage pour Martin Silénus et tant pis pour Brundlefly),
  • Gaz, liquides, solides, la matière change d'état comme d’autres de genre, dans les deux cas il y faut de l'énergie (et là on apprend que les gros paquets de molécules rendent les liquides visqueux et les petits fluides, on en déduit que l'huile de moteur est faite de gros paquets qui se défont en chauffant et on est content d'avoir compris un truc),
  • Les cristaux (calvaire lors de mes antédiluviennes études scientifiques), bon, ça me gonfle toujours autant mais Chemla cite Ken Liu alors...
  • Représentation et topologie (ce qui permettra de briller dans les dîners à Noël en pourfendant les imageries obsolètes),
  • Les mystères de la dissolution (et des savons) sont ensuite abordés, avec une vraie contribution ici d'Isaac Asimov et de sa thiotimoline, 
  • Puis c'est sur l’île Lincoln de Jules Verne que Chemla nous entraîne pour expliquer toutes les réactions chimiques qui rendent l'histoire du précurseur français possible (on y apprend notamment que le fer rouille toujours, même sans eau, incroyable!),
  • Impossible d'imaginer un manuel de chimie Imaginaire sans explosifs et propergols ; pas d'inquiétude, c'est là,
  • Vient après le parfum de Suskind et ses phéromones qui provoquent attirance et plaisir sexuels, les huiles essentielles et leur extraction, sans oublier le fumet délicat qu'exhale le Corynebacterium,
  • L'épice de Dune suit, avec une belle tentative de la définir chimiquement,
  • On termine par la biochimie terrestre du CHNOPS (et ses cycles) avant de s’attaquer à celles d'aliens basés sur d'autres atomes structurants ou d'autres solvants

Voilà, c'est une belle balade, un livre d'honnête homme. A lire.

Le Laboratoire de l'Imaginaire, Fabrice Chemla

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