De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Fables 7 - Willingham - Buckingham


Sortie du tome 7 de l’Intégrale Fables dans la collection Urban Nomad.

Les fils ouverts dans le tome précédent vont vers leur conclusion ici. La lutte contre Mister Dark se poursuit, de la part bien sûr de tous les Fables réfugiés à la Ferme – qui vont ensuite devoir se replier encore plus loin pour ne pas succomber au maître de la peur –, mais surtout de la part, singulièrement, d’une Frau Totenkinder qui a fait de l’élimination de l’arch-ennemi sa priorité – au point de laisser la direction des forces magiques de Fableville à la jeune Ozma.

Mais d’abord, pour pouvoir guider les Fables de la Ferme vers un avenir où ils survivraient alors que le Mal menace et que les dissensions se répandent sous l’influence d’un culte étrange, Rose Rouge doit sortir de la dépression causée par la perte de son amour. Pour cela, une force extérieure à la Ferme lui permet de revivre son enfance et sa relation compliquée avec sa sœur Blanche Neige – dont on apprend que la vie fut bien plus difficile que ne le disait le conte. Salopards de nains !
Dépression mise heureusement entre parenthèses, Rouge remobilise ses ouailles. D’abord il faut fuir, puis, passée la phase d’évacuation, les Fables doivent faire taire leurs conflits pour un temps et se préparer à tenter de détruire le Mal qui les menace – après un premier assaut mené par une Totenkinder qui, ensuite, aura enfin une vie à elle.

Il y a une vraie émotion à voir avec quelle abnégation les Fables se préparent à une bataille dont beaucoup pensent ne pas revenir et à voir comment ils pensent à mettre leurs proches en sécurité alors qu’ils se lancent dans une mission dont ils doutent eux-mêmes fortement de la réussite. Jusqu’à ce que se manifeste une grande preuve d’amour familial sur laquelle je ne m’étendrai pas ici pour ne pas spoiler.

Néanmoins, même si l’heure est grave et des sacrifices nécessaires, les auteurs n’oublient jamais de saupoudrer d’humour ce qu’ils racontent. Humour des graphismes, réalistes mais souvent drôles aussi. Humour de situations cocasses comme, par exemple, lorsque les Fables créent un succédané des X-Men pour lutter contre Dark. Humour encore de la frustration constante de Pinocchio. Humour enfin quand intervient Bufkin, le singe volant du pays d’Oz lancé dans une grande aventure qui surpassera sans nul doute les Douze Travaux d’Hercule.
Humour tempéré hélas par le fait que Gepetto intrigue toujours, même si le le lecteur ne sait pas encore dans quelle direction. 

On attend avec impatience le tome suivant. On y verra sans doute – poursuivant les fils ouverts ici – la nouvelle ennemie créée par Dark à partir de la méchanceté pure d’une Fable laide (ce qui est beau est bon, sagesse antique, mais pas ici), l’opposition ouverte d’une Rose Rouge dérivant vers la catastrophe, l’accomplissement des projets secrets de Gepetto. Ces trois fils déjà n’annoncent rien de bon. Time will tell.

Fables 7, Willingham, Buckingham

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