Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Fables 7 - Willingham - Buckingham


Sortie du tome 7 de l’Intégrale Fables dans la collection Urban Nomad.

Les fils ouverts dans le tome précédent vont vers leur conclusion ici. La lutte contre Mister Dark se poursuit, de la part bien sûr de tous les Fables réfugiés à la Ferme – qui vont ensuite devoir se replier encore plus loin pour ne pas succomber au maître de la peur –, mais surtout de la part, singulièrement, d’une Frau Totenkinder qui a fait de l’élimination de l’arch-ennemi sa priorité – au point de laisser la direction des forces magiques de Fableville à la jeune Ozma.

Mais d’abord, pour pouvoir guider les Fables de la Ferme vers un avenir où ils survivraient alors que le Mal menace et que les dissensions se répandent sous l’influence d’un culte étrange, Rose Rouge doit sortir de la dépression causée par la perte de son amour. Pour cela, une force extérieure à la Ferme lui permet de revivre son enfance et sa relation compliquée avec sa sœur Blanche Neige – dont on apprend que la vie fut bien plus difficile que ne le disait le conte. Salopards de nains !
Dépression mise heureusement entre parenthèses, Rouge remobilise ses ouailles. D’abord il faut fuir, puis, passée la phase d’évacuation, les Fables doivent faire taire leurs conflits pour un temps et se préparer à tenter de détruire le Mal qui les menace – après un premier assaut mené par une Totenkinder qui, ensuite, aura enfin une vie à elle.

Il y a une vraie émotion à voir avec quelle abnégation les Fables se préparent à une bataille dont beaucoup pensent ne pas revenir et à voir comment ils pensent à mettre leurs proches en sécurité alors qu’ils se lancent dans une mission dont ils doutent eux-mêmes fortement de la réussite. Jusqu’à ce que se manifeste une grande preuve d’amour familial sur laquelle je ne m’étendrai pas ici pour ne pas spoiler.

Néanmoins, même si l’heure est grave et des sacrifices nécessaires, les auteurs n’oublient jamais de saupoudrer d’humour ce qu’ils racontent. Humour des graphismes, réalistes mais souvent drôles aussi. Humour de situations cocasses comme, par exemple, lorsque les Fables créent un succédané des X-Men pour lutter contre Dark. Humour encore de la frustration constante de Pinocchio. Humour enfin quand intervient Bufkin, le singe volant du pays d’Oz lancé dans une grande aventure qui surpassera sans nul doute les Douze Travaux d’Hercule.
Humour tempéré hélas par le fait que Gepetto intrigue toujours, même si le le lecteur ne sait pas encore dans quelle direction. 

On attend avec impatience le tome suivant. On y verra sans doute – poursuivant les fils ouverts ici – la nouvelle ennemie créée par Dark à partir de la méchanceté pure d’une Fable laide (ce qui est beau est bon, sagesse antique, mais pas ici), l’opposition ouverte d’une Rose Rouge dérivant vers la catastrophe, l’accomplissement des projets secrets de Gepetto. Ces trois fils déjà n’annoncent rien de bon. Time will tell.

Fables 7, Willingham, Buckingham

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