No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Horizons obliques - Richard Blake


Sortie demain de Horizons obliques, un one-shot SF de Richard Blake.

Il y a des années que Jacob et Elena Armlen se sont perdus dans une dimension parallèle qu'ils tentaient de cartographier. Depuis aussi longtemps Adley, leur fille, veut les retrouver. Après un long entrainement elle part donc en quête de parents depuis trop longtemps absents, à travers des mondes incroyables, avec l'aide de ses grands-parents, d'un impressionnant appareillage technologique de voyage transdimensionnel, de ses dons de prescience, et d'un robot humanoïde nommé Staden.


Si le scénario, plutôt contemplatif, pourra désarçonner certains lecteurs, on ne peut qu'être impressionné par la beauté envoutante des planches réalisées intégralement par un auteur qui est peintre avant d'être bédéaste (et dont c'est le premier album).

Dès la première page représentant un rêve d'Adley portant un ours polaire sur son dos on est saisi par le style et la qualité graphique de l'album. L'impression ne se dément jamais au fil des pages, alors que l'œil est capté par les architectures monumentales ou improbables, les petites villes tranquilles, les ciels colorés, les barrières dimensionnelles ou les représentations de flux d'énergie.

Le rythme qu'amène le découpage est également très réussi. Alors que je n'aime guère les BD avares de texte je dois admettre que la gestion des transitions et des silences est ici parfaite (le départ du robot pour la dimension parallèle, développé sur plusieurs pages, est un chef d'œuvre de ce point de vue, l'auteur parvenant à « animer » la chose avec grâce et fluidité sur le support statique des feuillets). François 'Cités obscures' Schuiten, qui interviewe Blake à la fin, ne dit pas autre chose.


Si le scénario est un peu verbeux et phlogistique, l'album est néanmoins un vrai plaisir à lire pour la beauté des images et la délicatesse de leur enchainement. On pense très fort au Metal Hurlant historique et à ses grands anciens ; le nouveau Metal ferait bien imho de proposer un gig à mister Blake.


Horizons obliques, Richard Blake

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