L'infini vu d'avion - Philippe Cousin

L'infini vu d'avion  est un recueil de nouvelles de Philippe Cousin. Pas totalement SFFF, il est néanmoins agréable à lire dans sa forme de testament intellectuel et biographique. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le  Bifrost  n° 122, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À leur manière, les personnages de Philippe Cousin tentent tous de forcer le destin, qui le leur rend bien en leur jouant un tour à sa façon. Il sera question dans L’infini vu d’avion de la redécouverte de Dieu par un instituteur agnostique, de l’amitié à vie d’un petit garçon pour un géant noir, du coup de foudre entre un veuf alcoolique et sa passagère clandestine, de la libido psychotique d’un adolescent fasciné par les Kennedy, de la course folle d’un boomerang égaré dans l’espace et le temps, de l’intelligence approximative d’un robot chinois à lacer et ...

Horizons obliques - Richard Blake


Sortie demain de Horizons obliques, un one-shot SF de Richard Blake.

Il y a des années que Jacob et Elena Armlen se sont perdus dans une dimension parallèle qu'ils tentaient de cartographier. Depuis aussi longtemps Adley, leur fille, veut les retrouver. Après un long entrainement elle part donc en quête de parents depuis trop longtemps absents, à travers des mondes incroyables, avec l'aide de ses grands-parents, d'un impressionnant appareillage technologique de voyage transdimensionnel, de ses dons de prescience, et d'un robot humanoïde nommé Staden.


Si le scénario, plutôt contemplatif, pourra désarçonner certains lecteurs, on ne peut qu'être impressionné par la beauté envoutante des planches réalisées intégralement par un auteur qui est peintre avant d'être bédéaste (et dont c'est le premier album).

Dès la première page représentant un rêve d'Adley portant un ours polaire sur son dos on est saisi par le style et la qualité graphique de l'album. L'impression ne se dément jamais au fil des pages, alors que l'œil est capté par les architectures monumentales ou improbables, les petites villes tranquilles, les ciels colorés, les barrières dimensionnelles ou les représentations de flux d'énergie.

Le rythme qu'amène le découpage est également très réussi. Alors que je n'aime guère les BD avares de texte je dois admettre que la gestion des transitions et des silences est ici parfaite (le départ du robot pour la dimension parallèle, développé sur plusieurs pages, est un chef d'œuvre de ce point de vue, l'auteur parvenant à « animer » la chose avec grâce et fluidité sur le support statique des feuillets). François 'Cités obscures' Schuiten, qui interviewe Blake à la fin, ne dit pas autre chose.


Si le scénario est un peu verbeux et phlogistique, l'album est néanmoins un vrai plaisir à lire pour la beauté des images et la délicatesse de leur enchainement. On pense très fort au Metal Hurlant historique et à ses grands anciens ; le nouveau Metal ferait bien imho de proposer un gig à mister Blake.


Horizons obliques, Richard Blake

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