The Traveler - Joseph Eckert

Scott Treder est un gars normal. Il est marié à Amy. Ils ont un fils de sept ans, Lyle. Il est informaticien. Et ce matin d’avril, comme tous les matins, il part en voiture à son travail. A 7 heures 52 précises, Scott Treder cesse définitivement d’être un gars normal. Impression de glissement et… plus de voiture ! Scott – dont la quantité de mouvement n’a pas changé – se retrouve en l’air, à quelques centimètres du bitume, lancé à 30 km/h environ. Scott, rattrapé par la pesanteur, chute sur l’asphalte, où il culbute et se blesse avant de manquer se faire écraser par une voiture en mouvement apparue derrière sa position. Ce phénomène incompréhensible trouve vite une explication qui ne l’est pas moins : Scott a avancé dans le temps d’une journée entière, passant du 13 avril au 14, même heure, même lieu. Rentrant chez lui, il retrouve une femme et un fils morts d’inquiétude. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que ces sauts temporels vont se répéter, jour après jour, toujours à la même ...

Horizons obliques - Richard Blake


Sortie demain de Horizons obliques, un one-shot SF de Richard Blake.

Il y a des années que Jacob et Elena Armlen se sont perdus dans une dimension parallèle qu'ils tentaient de cartographier. Depuis aussi longtemps Adley, leur fille, veut les retrouver. Après un long entrainement elle part donc en quête de parents depuis trop longtemps absents, à travers des mondes incroyables, avec l'aide de ses grands-parents, d'un impressionnant appareillage technologique de voyage transdimensionnel, de ses dons de prescience, et d'un robot humanoïde nommé Staden.


Si le scénario, plutôt contemplatif, pourra désarçonner certains lecteurs, on ne peut qu'être impressionné par la beauté envoutante des planches réalisées intégralement par un auteur qui est peintre avant d'être bédéaste (et dont c'est le premier album).

Dès la première page représentant un rêve d'Adley portant un ours polaire sur son dos on est saisi par le style et la qualité graphique de l'album. L'impression ne se dément jamais au fil des pages, alors que l'œil est capté par les architectures monumentales ou improbables, les petites villes tranquilles, les ciels colorés, les barrières dimensionnelles ou les représentations de flux d'énergie.

Le rythme qu'amène le découpage est également très réussi. Alors que je n'aime guère les BD avares de texte je dois admettre que la gestion des transitions et des silences est ici parfaite (le départ du robot pour la dimension parallèle, développé sur plusieurs pages, est un chef d'œuvre de ce point de vue, l'auteur parvenant à « animer » la chose avec grâce et fluidité sur le support statique des feuillets). François 'Cités obscures' Schuiten, qui interviewe Blake à la fin, ne dit pas autre chose.


Si le scénario est un peu verbeux et phlogistique, l'album est néanmoins un vrai plaisir à lire pour la beauté des images et la délicatesse de leur enchainement. On pense très fort au Metal Hurlant historique et à ses grands anciens ; le nouveau Metal ferait bien imho de proposer un gig à mister Blake.


Horizons obliques, Richard Blake

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